BocoBoco : des Français lancent les courses en ligne zéro déchet à Montréal

De gauche à droite : Martin Le Bas et Lauren Rochat. Crédit : Isabelle Delorme

Elle lui a vendu un frigo par une amie commune, ils sont finalement devenus associés. Avec BocoBoco, Lauren Rochat et Martin Le Bas lancent une épicerie gourmande livrée à domicile avec des bocaux consignés, bientôt disponible à Rosemont puis à l’automne à Montréal. Quand la technologie se met au service du développement durable.

Une place de marché en ligne permettant aux consommateurs d’acheter facilement des produits alimentaires locaux de qualité, sans emballage : c’est le concept de l’entreprise créée par les deux Français. Une nouvelle manière de faire ses courses de manière responsable, pas seulement pour l’épicerie en vrac mais aussi les produits frais. “On veut que le client puisse y faire toutes ses commandes, comme s’il allait sur le site web d’une épicerie traditionnelle“, explique Lauren Rochat. La start-up signe actuellement des partenariats avec des bouchers, poissonniers, fromagers, maraîchers, chocolatiers et autres adresses gourmandes à Montréal. “On est allés chercher de Notre-Dame à Montréal Nord pour trouver de bons commerçants“, annonce l’entrepreneuse.

L’utilisateur pourra faire ses courses en ligne en partageant un panier avec famille ou amis. “Pratique par exemple pour faire son épicerie pour le chalet !“, commente Martin Le Bas. “Nous voulons être éco-responsables et durables mais aussi apporter un côté moderne à l’épicerie“. Les courses seront livrées à domicile à vélo ou en voiture électrique (autour de 5$ la livraison), en utilisant des bocaux qui seront récupérés par l’entreprise lors de la livraison suivante pour nettoyage, stérilisation, et remise en service.

L’idée de départ a germé dans l’esprit des deux entrepreneurs grâce au système de consigne de bière qu’ils ont eu envie de généraliser pour faciliter les courses au quotidien. “Je faisais mon zéro déchet depuis deux ans et je constatais que c’était difficile avec une vie active“, raconte Lauren Rochat. Emporter ses contenants, les laver, aller faire ses courses chez différents commerçants demande d’avoir quelques heures devant soi chaque semaine.

Installée à Montréal depuis 2007 pour une année d’échange universitaire qui s’est prolongée par des études et expériences professionnelles diverses, la Grenobloise a vendu il y a cinq ans son frigo à Martin Le Bas par l’intermédiaire d’une amie. Spécialiste du commerce en ligne, le Normand s’était installé à Montréal en 2011 “pour la qualité de vie“. C’est lorsque les deux Français se recroisent à un 5 à 7 où ils ne connaissent personne qu’ils font vraiment connaissance, se racontent leurs projets d’entrepreneuriat respectifs et réalisent qu’ils se sont inscrits en même temps à deux formations différentes au SAJE pour travailler sur un projet entrepreneurial plus conforme à leurs valeurs. De fil en aiguille, le projet de plate-forme commerciale de Martin le Bas va se fondre au projet alimentaire de Lauren Rochat.

En janvier 2018, le duo participe au Start-up week-end Eco social Impact et fait partie des trois finalistes. “Ça nous a donné le coup de boost pour démarrer le projet et permis d’avancer dans la réflexion“, raconte Lauren Rochat. Lauréats en avril du prix défi entreprendre de la Fondation Montréal Inc, ils sont aidés à hauteur de 20% pour le financement de leur entreprise et exposent à La Grand-Messe. Petit à petit, les Français font parler d’eux et se tissent un réseau.

Lecteurs de Rosemont : vous avez la primeur ! La mise en place se fera dans un premier temps en juin sous forme de projet pilote auprès d’utilisateurs sélectionnés à Rosemont. Le lancement officiel à Montréal est prévu pour l’automne, au moment du festival zéro déchet.

Si tout se passe bien, l’aventure pourrait même, à terme, s’étendre à d’autres milieux urbains. Les deux Français ont également un autre objectif : obtenir la certification B-Corp par la mise en oeuvre de valeurs sociales (en termes de parité notamment) et environnementales. Des Français qui aident le Québec à devenir propre, voilà de quoi renverser les clichés sur nos compatriotes !