Au Québec, les Bretons voient les choses en grand

Au Québec, les Bretons voient les choses en grand

Par Carla Geib / Le 12 mai 2026 / Francophonies de Montréal

Entre fest-noz, concerts, initiations à la danse traditionnelle et interventions scolaires, les Bretons du Québec voient grand cette année pour célébrer leur région. Derrière cette programmation qui s’étend désormais jusqu’à Québec et en Estrie, une réalité se dessine : la communauté bretonne s’ancre de plus en plus dans le paysage associatif québécois.

La fête de la Bretagne se déroulera de vendredi à samedi prochain entre Montréal, Québec et Frelighsburg. La programmation est ici.

Des célébrations qui prennent de l’ampleur

Voilà plusieurs années que Les Bretons du Québec organisent la Fête de la Bretagne. Mais cette fois, l’événement prend une ampleur inédite. C’en est presque devenu un festival. Et derrière toute cette organisation, se trouve la présidente Morgane Filleau, qui travaille depuis l’été dernier sur cette édition plus ambitieuse que les précédentes. 

Pour la première fois, l’événement sort de Montréal pour aller à la rencontre d’autres publics. Des activités sont prévues à Québec ainsi qu’à Frelighsburg, en Estrie, signe d’une volonté assumée de faire voyager la culture bretonne au-delà de ses cercles habituels.

Au programme : des concerts, des moments festifs, des rencontres, mais aussi des interventions scolaires pour transmettre un patrimoine culturel parfois méconnu. Le point culminant ? Un grand fest-noz à la Maison France-Montréal, cette fête traditionnelle bretonne où tout le monde déguste des crêpes en dansant au son de musique folklorique live. Cette année, le groupe Skolpad vient de Bretagne pour l’occasion. 

Renforcer les liens entre le Québec et la Bretagne

Ces célébrations sont loin d’être figées dans le folklore, elles cherchent à entretenir une culture encore bien vivante et à tisser des liens avec le Québec.

La fête de la Bretagne est soutenue financièrement par la Région Bretagne dans l’objectif de faire rayonner la culture bretonne de ce côté-ci de l’Atlantique, mais selon Morgane Filleau, il trouve aussi naturellement sa place au Québec : « Il y a beaucoup de liens entre la musique québécoise et la musique bretonne. Beaucoup de gens sont intéressés même s’ils ne sont pas du tout bretons. »

Il existe en effet une parenté artistique entre les traditions musicales bretonnes et québécoises. Une proximité qui rend les événements comme le fest-noz particulièrement accessibles au public local. Ici comme en Bretagne, les traditions populaires se vivent souvent en groupe, dans la musique, la danse et le rassemblement.

Les chants marins en sont un bon exemple. D’un côté comme de l’autre de l’océan, ils racontent des histoires de traversées, de travail et de communautés côtières. Dans certains festivals, comme celui de Saint-Jean-Port-Joli ou celui de Paimpol, des chants marins bretons et québécois se croisent.

Faire rayonner la Bretagne, partout

Faire vivre la Bretagne à des milliers de de la péninsule armoricaine : voilà la mission que se donnent les Bretons du Québec.

Et ils ne sont pas seuls dans le bateau. La Région Bretagne recense une vingtaine d’associations similaires à travers le monde, de Singapour au Chili en passant par les Émirats arabes unis. Partout, l’objectif est sensiblement le même : rassembler les Bretons expatriés, faire vivre les traditions et bâtir des ponts culturels avec les pays d’accueil.

Au Québec, où la diaspora française est particulièrement importante, les Bretons ont trouvé un terrain fertile. L’association agit autant comme un espace de retrouvailles que comme une porte d’entrée culturelle pour les curieux – qu’ils soient bretons, français, québécois ou simplement amateurs de musique traditionnelle.

Une identité multicouches

Quitter sa région natale ne signifie pas forcément s’en éloigner culturellement. Pour plusieurs expatriés, c’est parfois même le contraire.

En restant proche de l’identité bretonne, Morgane Filleau assure qu’elle n’en est pas moins intégrée au Québec, après une quinzaine d’années passées à l’étranger. « C’est justement en me déracinant que j’ai plus appris à aimer et à m’intéresser à ma culture », affirme-t-elle.

Pour cette dernière, il ne s’agit pas de choisir entre plusieurs appartenances, mais plutôt d’accumuler des couches culturelles. Elle confie que son ouverture sur le monde lui a donné encore plus d’amour pour sa culture. 

À travers cet événement ambitieux, les Bretons du Québec montrent aussi une chose : on peut s’enraciner ici sans mettre ses premières racines de côté.

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