Montréal : ces PVTistes qui rentrent en France

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Dans notre article consacré aux 7 types de Français qu’on rencontre forcément à Montréal, nous avions réservé un paragraphe à “Celui qui est en PVT qui galère (ou qui rebondit)”. On en avait profité pour effleurer, avec humour (et tendresse), certains aspects du profil de PVTiste à Montréal. Mais qu’en est-il de celles et ceux qui désertent les lieux, parfois avant la fin de leur visa (de deux ans) tant convoité ? On leur a demandé.

Reconversion professionnelle

Marine Rebidja, 28 ans, est arrivée en PVT à Montréal en novembre 2016 après avoir passé plusieurs mois en Australie et en Asie. En France, elle était intermittente du spectacle dans l’audiovisuel, en production et post-production. “Au départ je venais dans l’objectif de faire un road trip et je voulais rester dans une grande ville quelques semaines. Je devais arriver en juin (…). Finalement, je suis arrivée en novembre. J’ai pu constater que, même en hiver, il y a de quoi faire !”, raconte la Française, maintenant prête à plier bagage mais toujours en amour avec la métropole. “C’est une ville qui change du tout au tout à chaque saison. Les repères, le rythme de vie, les habitudes alimentaires, tout s’adapte. Je pense que c’est pour cela que beaucoup de personnes ne se lassent pas de Montréal. Elle se réinvente sans cesse”, raconte Marine qui comprend celles et ceux qui ne se lasseront jamais de Montréal.

C’est pour se mettre à son compte et développer son activité de traductrice qu’elle a finalement décidé de rentrer en France. C’est d’ailleurs Montréal et son PVT qui lui ont permis de se reconvertir professionnellement. “J’y ai très vite vu une nouvelle chance et j’ai compris qu’il fallait que je me concentre sur le côté professionnel de ma vie en arrivant ici. (…) En plus d’évoluer dans un environnement multiculturel, cela m’a permis de trouver des contrats de traduction freelance et de démarrer une activité de travailleuse autonome à côté. Et je compte bien poursuivre dans cette voie”, explique Marine qui prévoit déjà de ne pas rester en France. “Je suis une aventurière, une voyageuse dans l’âme. Ce n’était déjà pas prévu que je reste aussi longtemps à Montréal. Et ce statut de travailleuse autonome va me permettre de concilier travail et voyage.”

Avant de débarquer à Montréal en PVT, Marine avoue qu’elle était déjà bien renseignée sur ce qui l’attendait et donc moins sujette aux éventuelles déceptions une fois sur place. “J’avais tenté le PVT Canada une première fois en 2011, en vain. (…) Entre temps, j’ai eu le temps de mieux m’informer et mes autres voyages m’ont également bien rodée. Donc je n’ai pas vraiment eu de mauvaise surprise (…)”, avoue la globe-trotteuse.

Mal du pays

D’autres, en revanche, n’ont pas eu cette chance et rentrent parfois en France, découragés par le mirage auquel ils ont cru. C’est notamment le cas de Lydia Cheddad, arrivée à Montréal en juillet 2017 et repartie en France en septembre 2018. “Avant de partir, j’aurais aimé savoir que tout n’est pas aussi rose qu’on peut le faire croire et qu’il y a des côtés désagréables liés à l’expatriation”, confie la Française qui n’a pas réussi à trouver un job convenable dans son domaine.

D’abord venue à Montréal pour le côté francophone “rassurant” de la ville, Lydia y connaissait aussi deux amies françaises installées sur place. Mais cela n’a pas suffi à la convaincre d’aller jusqu’au bout de son visa. “En un an, je n’ai pas réussi à me créer d’attaches suffisamment importantes pour rester. Et puis un jour, d’un seul coup, j’ai ressenti le mal du pays…”, se souvient la jeune femme qui voulait profiter de son PVT pour découvrir une nouvelle société et se créer un nouveau quotidien.

Malgré tout, et sans rancune, elle garde un très beau souvenir de son séjour québécois, à commencer par son “weekend à Tadoussac” en compagnie des baleines. De retour en France, elle prévoit de se lancer à nouveau dans la récolte de fonds pour certaines organisations non gouvernementales (ONG). “Après ? Je verrai… Je vais peut-être tenter les concours interministériels”.

Deux hivers, pas trois

Marc, quant à lui, n’a pas supporté le climat : après deux hivers, il est retourné dans sa France natale, du côté de Marseille. “La neige et le froid ont eu raison de moi ! L’hiver qui dure 6 mois, c’est trop long à mon goût…”, confie le jeune homme de 28 ans qui culpabilisait aussi d’être loin de ses parents vieillissants. “Par solidarité pour eux, j’ai décidé de rentrer à la fin de mon visa”.

Les procédures et les coûts liés à l’obtention de la fameuse résidence permanente l’ont également refroidi. “Je suis resté deux ans à Montréal, j’ai fait ce que j’avais à faire avec mon PVT. J’ai goûté aux joies des métiers de la communication de ce côté-ci de l’Atlantique, je n’ai jamais manqué de travail (NDLR : il cumulait parfois 3 jobs différents) mais j’ai fait le tour”, raconte le jeune homme qui prévoit maintenant de lancer sa propre entreprise en France.

L’idée de reprendre ses études à l’issue de son PVT lui avait aussi effleuré l’esprit mais le coût des frais de scolarité des universités canadiennes l’ont vite ramené à la réalité. “Je n’avais pas 10 000$ de côté… Et je ne trouvais pas de formations adéquates dans les Cégeps de la ville”.


8 conseils pour profiter pleinement de son PVT (paroles d’anciens PVTistes)

1-Ne vous mettez pas de pression car le but n’est pas forcément de vous installer ici
2-Vous n’avez rien à perdre : si vous avez le précieux sésame en poche, profitez-en autant que vous pouvez
3-Sortez de votre zone de confort et lancez-vous de nouveaux défis, changez de perspective
4-Socialisez au maximum dès le début pour comprendre si l’expatriation vous correspond (on en parlait déjà ici)
5-Commencez à postuler pour des emplois avant votre arrivée : à Montréal, certaines entreprises prennent parfois des mois pour revenir vers vous suite au dépôt de votre candidature
6-Peaufiner votre anglais : niveau professionnel, on vous demandera souvent d’être bilingue, ou du moins d’avoir des bases solides en anglais
7-Soyez vous-même : Montréal est une ville qui embrasse la différence sous toutes ses formes et qui s’en nourrit
8-Lancez un projet, faites du bénévolat, prenez des initiatives, soyez multicartes : il n’est pas rare de croiser un boulanger photographe ou un comptable peintre et poète

➡ Aller plus loin

Arriver au Canada avec un PVT est une chose, mais faire des démarches pour y rester dans un plus long terme en est une autre. Les nouveaux arrivants doivent passer par de nombreuses étapes et se poser de nombreuses questions pour décrocher le Saint-Graal : la résidence permanente, voire la citoyenneté. Découvrez nos capsules vidéo qui vous donnent les clefs pour réussir votre installation au Canada.