2123 Montréal : des “tote bags” qui parlent franco-québécois

Spécialiste des médias sociaux le jour et illustratrice le soir : Camille Marsan, 25 ans, a plus d’un tour dans son sac. Installée à Montréal depuis un an et demi et originaire de Toulouse, elle vient de lancer 2123 Montréal, sa marque de tote bags (sacs en tissu) décalés. On parie que vous allez sourire.

“Putain de tabarouette”. “Je capote de ouf”. Avouez-le, vous avez déjà utilisé ces expressions au moins une fois ou deux… Que vous soyez français ou pas. Tabarouette est une expression un peu désuète qui peut faire sourire aussi les Québécois ! J’ai voulu insister sur le fait qu’on adapte tous nos langages en fonction de nos lieux de vie. En tant que Française de Montréal, c’est le choc des cultures et le mélange des langages que je voulais mettre en valeur”, raconte Camille qui voulait “mettre un peu de fun dans la vie des gens”.

putain_tabarouette

Ex conceptrice-rédactrice chez Ventes Privées à Paris, celle qui manie les mots et les illustrations avec dextérité (notamment sur son blogue “À nous les caribous”) a flairé la belle opportunité. Le déclic ? La loi sur l’abandon des sacs plastiques à Montréal. “En France, il y a eu un réel engouement pour les tote bags, je me souviens que plusieurs marques s’y étaient mises. Le marché était saturé ! Alors qu’ici, il n’y en a pas trop encore”, raconte la connaisseuse qui trouve le “Tote MTL” de la marque Onze “super mignon”.

“Mais sinon les marques se contentent d’afficher simplement leur logo ou leur slogan sur les sacs. Moi je voulais quelque chose d’un peu fun, sympa et décalé”, assume Camille qui a rapidement trouvé son credo, à savoir “un peu français, un peu québécois mais 100% impertinent et désinvolte.”

Si elle a encore une petite dizaine d’expressions en tête, seuls deux sacs sont disponibles pour le moment. “J’ai d’abord décliné mes expressions préférées en sacs : “je capote de ouf” et “putain de tabarouette”. Je prévois de sortir deux autres sacs d’ici quelques mois. D’ici peu, j’envisage aussi de faire des pulls, des sweats, etc.”, annonce la jeune femme dont les sacs sont en coton naturel et vendus 17$ (hors frais de livraison). “J’offre les frais de livraison (8$) si la personne vit à Montréal ! J’organise des petites sessions de livraison dans des cafés, par exemple.”

Enfin, si le design et la sérigraphie (à l’atelier BangBang dans Hochelaga) sont entièrement réalisés à Montréal, le tissu vient d’Inde. “À terme, j’aimerais que tout soit fait à Montréal”, confie Camille qui rêve de pouvoir vendre ses sacs dans certains magasins clefs comme le Café MRKT ou C’est beau.

Livres, clefs, portefeuilles et pourquoi pas légumes du marché : un tote bag est avant tout un sac fourre-tout. On vous imagine déjà errer dans l’un des marchés de la ville avec votre “putain de tabarouette” sur le dos…