On Mange Quoi : trois Français mettent des repas locaux en libre service

De gauche à droite : Anthony Ouzeau, Yann Berhault et Clarisse Fournier. Crédit : Isabelle Delorme

Ils viennent de Toulouse, Rennes et Grenoble, mais c’est à Montréal qu’ils ont choisi de lancer leur entreprise. Clarisse Fournier, Anthony Ouzeau et Yann Berhault en avaient assez de se demander ce qu’ils allaient manger le soir. En lançant On Mange Quoi, ils veulent simplifier le quotidien des Montréalais en proposant des plats locaux préparés ou à cuisiner, disponibles en libre-service dans des machines.

De nombreux liens unissent les trois associés puisque Anthony Ouzeau est le conjoint de Clarisse Fournier et Yann Berhault, le “cuistot de la bande”, son meilleur ami. L’idée de créer une entreprise ensemble avait germé très tôt entre les deux amis, mais c’est en avril 2016, quand le couple s’est installé à Montréal que le concept d’On Mange Quoi a émergé.

Notre appartement était au-dessus d’un restaurant, il suffisait de traverser la rue pour trouver une épicerie et on avait la flemme d’aller soit à l’un soit à l’autre, se rappelle Anthony Ouzeau. On se disait : ce serait parfait s’il pouvait y avoir encore mieux. Donc on s’est dit que si nous on réfléchissait comme cela dans un scénario aussi extrême, beaucoup de personnes aimeraient pouvoir acheter de la nourriture dans leur bureau ou dans leur building“. D’autant plus quand la météo est aussi rude qu’elle peut l’être à Montréal !

En intégrant l’incubateur EntrePrism d’HEC en novembre 2016 (“le seul qui acceptait à l’époque les immigrants“, précise Clarisse Fournier), l’équipe a pu structurer son projet, disposer de bureaux et se faire un réseau. “Le fait qu’ils nous acceptent à l’unanimité en étant hyper enthousiastes a été déterminant (…), explique Anthony Ouzeau. Maintenant on fait partie d’une communauté“. “On s’échange des filons, c’est très intéressant“, ajoute Yann Berhault.

La résultat : un concept  de distribution pratique en partenariat avec des producteurs locaux. “C’est un service de repas prêt à manger ou prêt à cuisiner offert dans des machines distributrices, explique Clarisse Fournier. Tous ces repas sont préparés par des acteurs locaux montréalais pour mettre en avant le savoir-faire culinaire local“.

Crédit : On Mange Quoi
Crédit : On Mange Quoi

Au menu, des plats préparés en portion individuelle et des kits de repas pour deux à préparer soi-même avec recettes, ingrédients et des boissons. “L’idée c’est de faire gagner du temps aux gens tout en leur donnant une solution locale pour bien manger à un prix raisonnable“, résume Anthony Ouzeau.

Les partenaires sélectionnés par On Mange Quoi travaillent avec des produits frais, sans additifs ni agents de conservation : Carrément Tarte (nous en avons d’ailleurs parlé ici), Cuisine Vive , Chef Yamamoto, les boissons 1642 sodas (on en a aussi parlé ici) et Maple 3 ainsi que les plats préparés par Miss Fresh. Si tout va bien, une offre végane et des collations devraient bientôt suivre.

Aujourd’hui en phase pilote, l’équipe gère une machine disposée depuis fin novembre dans les bureaux de la Banque Nationale. “On se ne paye pas encore, mais le site est rentable“, précise Anthony Ouzeau. D’ici la fin de l’année, le trio espère disposer 5 à 10 machines supplémentaires dans d’autres lieux stratégiquement placés à Montréal comme des stations de métro, gares routières, centres d’achat ou grandes tours de bureaux. La jeune pousse étudie même déjà un développement parallèle en France, en Occitanie où Anthony Ouzeau vient de remporter le prix de l’Expatriation de Racines Sud dans la catégorie “entrepreneur”.

La recette qui leur a permis de concrétiser leur projet ? Plusieurs ingrédients incluant une équipe soudée et une faculté à prendre du recul et se remettre en question. “Il ne faut jamais tomber amoureux de son projet, explique Anthony Ouzeau. Il peut changer du tout en tout en l’espace d’une semaine, il faut l’accepter très vite“.
On peut rester accroché à la mission mais il ne faut pas trop s’attacher aux moyens pour y arriver, renchérit Yann Berhault. On regarde des pistes, on revient en arrière, il faut rester ouvert“.