Il a créé son festival à 17 ans, aujourd’hui il fait voyager le cinéma francophone

Il a créé son festival à 17 ans, aujourd’hui il fait voyager le cinéma francophone

Par Carla Geib / Le 27 mai 2026 / Culture

À 17 ans, pendant que d’autres réfléchissaient à leur orientation, Philippe Gautier fondait son festival de cinéma à Dinan. Neuf ans plus tard, le Breton poursuit son aventure à plusieurs milliers de kilomètres de chez lui. En mission au Québec pour plusieurs mois, il veut rapprocher les créateurs, les festivals et les institutions culturelles francophones d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique.

Son objectif ? Faire circuler davantage les œuvres, créer des collaborations durables et donner plus de visibilité au cinéma francophone, et plus particulièrement au court-métrage.

Un festival breton à ambition internationale

Très jeune, Philippe Gautier rêve de devenir acteur. Adolescent, il se tourne finalement vers la réalisation. Lorsqu’il réalise et produit lui-même un premier film, il cherche un moyen de le faire connaître.

« Je me suis sensibilisé à la question de la découvrabilité des œuvres », explique-t-il. C’est là qu’une idée commence à germer, celle de créer un festival de courts-métrages dans sa région.

En 2017, il fonde le Dinan Festival du court métrage. Depuis, chaque année, environ 5000 festivaliers se réunissent à Dinan pour découvrir une sélection de courts-métrages. Un rendez-vous devenu important pour les habitants, et notamment pour les jeunes, qui se sensibilisent au cinéma et se familiarisent avec le format.

Après un parcours universitaire en cinéma et plusieurs années de travail en production cinématographique, Philippe Gautier se consacre désormais entièrement à son festival, qui célèbrera ses 10 ans l’an prochain.

Faire dialoguer la France et le Québec

Cette année, c’est au Québec que Philippe Gautier poursuit sa mission.

Pendant plusieurs mois, il multiplie les rencontres avec des acteurs du milieu culturel, participe à des festivals et tisse des liens avec différentes institutions du cinéma québécois. « C’est parti d’une idée très simple, celle de renforcer la circulation des oeuvres francophones », poursuit-il.

Une démarche qui passe par les festivals, les écoles de cinéma et des institutions comme la SODEC, mais aussi par les artistes, producteurs, distributeurs et diffuseurs. L’objectif : structurer des échanges durables entre professionnels des deux côtés de l’Atlantique.

Le Dinan Festival du court métrage a d’ailleurs développé un partenariat avec le festival montréalais Cinémania. « Ils nous ont concocté une programmation de leurs courts-métrages québécois, et à l’inverse j’ai été invité sur le festival pour présenter le film qui a reçu le prix du meilleur court-métrage francophone à Dinan », raconte Philippe Gautier, qui affirme être en discussion sur un futur partenariat avec l’INIS, l’Institut national de l’image et du son.

Une autre étape de son passage canadien l’a mené à l’Alliance française de Montréal le mois dernier, où il a lancé officiellement son programme « Passerelles Dinan-Québec 2026 ».

Encourager la création

Faire voyager les œuvres permet, selon Philippe Gautier, de faire émerger de nouvelles collaborations et de nouvelles histoires, nourries par des cultures qui se croisent.

Les coproductions internationales prennent d’ailleurs de plus en plus de place dans le monde francophone.

« Il se passe beaucoup de choses, il y a une vraie créativité », observe Philippe Gautier.

Travailler entre plusieurs territoires permet, certes, de croiser les idées, mais aussi de multiplier les possibilités de financement.

Un format qui pousse à la création

Pour Philippe Gautier, le court-métrage joue un rôle essentiel dans le cinéma francophone. Selon lui, il permet un « renouvellement des talents », en mettant en lumière de nouveaux créateurs qui commencent souvent par des courts avant de se tourner vers le long métrage. C’est aussi un format qui offre une vitrine à des artistes installés loin des grands pôles culturels, comme Montréal ou Paris.

Bien que méconnu du grand public, le court-métrage constitue une bonne initiation au cinéma. Avec son festival, Philippe Gautier veut donner aux plus jeunes une autre porte d’entrée vers cette forme d’art, mais aussi les sensibiliser à la francophonie au sens large.

« Une francophonie qui s’ignore »

« En France, il y a une francophonie qui s’ignore », affirme Philippe Gautier. Combien de Français savent qu’il y a des francophones au Manitoba, ou que l’Acadie existe ? Pour lui, ces territoires regorgent eux aussi de créateurs qui méritent davantage de visibilité.

C’est pourquoi, au-delà du Québec et de la France, il souhaite élargir les échanges à d’autres communautés francophones.

La prochaine étape le mènera en Ontario. Il présentera à Ottawa des courts-métrages sélectionnés au festival de Dinan. Une soirée est prévue ce samedi 11 juin 2026 dès 18h à l’Alliance française d’Ottawa. Infos et billets ici.

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