Kennedy(s) : une fresque dense pour une famille hors norme

Kennedy(s) : une fresque dense pour une famille hors norme

Par Anais Fleury / Le 21 avril 2026 / Culture

À l’origine, le roman graphique historique Kennedy(s) ne devait faire « que » 450 pages. Finalement, l’ouvrage s’impose avec ses 528 pages. Né d’une « illumination » après la lecture de La Bombe de Laurent-Frédéric Bollée, ce projet aura nécessité quatre années de travail. De passage à Montréal, ses auteurs reviennent sur la genèse de cette fresque ambitieuse.

« Nous avons voulu faire une BD définitive sur le thème des Kennedy », confie l’auteur Philippe Pelaez, rencontré lors d’une séance de dédicaces à la librairie Planète BD, à Montréal. Pour Francis, un retraité venu faire signer son exemplaire, l’ouvrage constitue une « excellente synthèse » avec un angle qu’il n’avait jamais vu auparavant.

Plonger dans les archives pour faire parler l’Histoire

Le style de dessin s’inspire des comic books américains des années 60-70. Un choix réfléchi pour le dessinateur Bernard Khattou, qui a tenté d’adapter son style à l’histoire. « Les Kennedy ont été très faciles à dessiner, je ne me suis jamais forcé, à aucun moment», nous confie-t-il, sourire aux lèvres. 

Le défi était pourtant bien présent. Bernard se souvient de sa réaction face à une photo de vacances montrant la fratrie de neuf enfants : « Je me suis demandé comment j’allais les différencier, ils se ressemblaient tous ! » À force d’immersion, le dessinateur a fini par les apprivoiser, développant pour ces personnages un attachement quasi paternel.

La BD s’est ainsi construite à partir de lettres, d’interviews, d’entrevues et de témoignages, permettant à son auteur Philippe Pelaez de construire les dialogues en découvrant certains détails de l’histoire.

La bibliographie est essentielle pour l’auteur qui raconte avoir dévoré 369 livres sur la famille Kennedy : « parce qu’une BD historique sans aucune référence, c’est impossible pour moi. Je voulais absolument que le public connaisse l’origine de mon inspiration. » 

Briser le mythe et surprendre les lecteurs

Les premières pages s’ouvrent sur la lobotomie de Rosemary, la fille de Joseph P. Kennedy. Une image forte, pensée comme une entrée en matière pour surprendre et donner le ton. Ce n’est pas un livre « qui va être drôle à lire », ni un « empilement de faits », prévient Philippe Pelaez, également professeur d’anglais et de cinéma.

Il y dépeint la violence d’un père prêt à sacrifier sa propre fille pour préserver la réputation du clan. L’objectif : rappeler que l’histoire des Kennedy ne se résume pas à l’attentat de Dallas. Il y a un « avant » et un « après » 1963.

La fierté d’avoir touché un public nord-américain 

Le dessinateur Bernard Khattou ne cache pas sa curiosité quant à la réception de l’album en sol nord-américain : « Cest une histoire que vous connaissez bien et qui vous touche particulièrement. En la dessinant, nous voulions que le monde entier redécouvre l’histoire des Kennedy. »

Si l’œuvre se veut « définitive », elle s’arrête en 1963. Mais Philippe Pelaez, qui partage son temps entre écriture et enseignement, n’exclut pas une suite : « Peut-être qu’un jour, il y aura un Kennedy tome 2… »

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