Quitter Paris pour faire rire Montréal, le pari de Félix Wagner

Quitter Paris pour faire rire Montréal, le pari de Félix Wagner

Par Carla Geib / Le 30 mars 2026 / Portrait

Quitter Paris pour devenir humoriste à Montréal : c’est le pari qu’a fait Félix Wagner en 2022. Quatre ans plus tard, son double diplôme d’humour en poche, il se rapproche chaque jour un peu plus de son rêve. Depuis son arrivée au Québec, le Français enchaîne les expériences sur scène et rassemble une communauté grandissante sur les réseaux sociaux – vous avez peut-être déjà vu passer ses sketchs sur la vie des Français à Montréal. Un pari audacieux, à contre-courant des habitudes familiales, mais fidèle à son ambition : monter sur scène et faire rire les gens.

Perchée au 7ᵉ étage d’un immeuble montréalais, l’École nationale de l’humour offre une vue fantastique sur la ville. Félix Wagner y a étudié pendant trois ans. Quelques mois après l’obtention de son diplôme, nous le retrouvons là où son rêve a pris corps.

Un Parisien qui rêve de fouler les planches

Félix Wagner a grandi dans le 12ᵉ arrondissement de Paris. Passionné par l’humour depuis l’adolescence, il raconte avoir dévoré les sketchs des Inconnus et suivi avec assiduité On n’demande qu’à en rire et le Jamel Comedy Club.

Au début de la vingtaine, il complète un master en production vidéo dans une école de cinéma, mais son coeur est ailleurs. « Je viens d’une famille très métro-boulot-dodo, il fallait assurer ses arrières avec un diplôme », confie-t-il.

À l’obtention de son diplôme, en 2019, il jongle entre petits boulots et projets artistiques. Il monte un plateau de stand-up dans la capitale avec des amis. Mais la pandémie de 2020 bouleverse ses plans. Après une longue période de questionnement, il décide de mettre tous les moyens en œuvre pour réaliser son rêve : devenir humoriste. 

Ne trouvant aucune formation professionnalisante en France, il décide de suivre les traces de l’humoriste Roman Frayssinet, l’une de ses grandes inspirations. Il s’inscrit donc à l’École nationale de l’humour de Montréal, qui l’accepte dans son programme d’écriture humoristique.

Tout quitter pour devenir humoriste peut sembler vertigineux pour des parents. Les siens, très attachés à la sécurité financière, ont d’abord eu des doutes. Mais l’amour a pris le dessus : « En voyant que j’étais malheureux pendant le Covid, mon père m’a même aidé financièrement à payer l’école. Aujourd’hui, tout va bien, car ils voient que je suis heureux et que ça fonctionne. »

L’école qui transforme un rêve en métier

En août 2022, à 26 ans, Félix Wagner s’envole pour Montréal afin d’étudier l’écriture humoristique à l’École nationale de l’humour. Il enchaîne ensuite avec le programme de création humoristique. Aujourd’hui, il est diplômé des deux formations.

« Ici, il y a une vraie reconnaissance de cet art, avec un encadrement par l’Union des artistes et des minimums syndicaux, c’est un vrai métier qui s’apprend », souligne l’humoriste.

L’école lui a donné des outils techniques pour construire ses textes et affiner ses personnages. Mais elle lui a surtout transmis deux choses essentielles : le sentiment de légitimité et la confiance en soi. Dans le stand-up, chaque blague doit passer l’épreuve du public. Chaque raté, chaque blanc dans la salle fait partie de l’apprentissage.

Pour Félix Wagner, la validation par des professionnels du métier lui a permis de se sentir artiste, « ce qui était quelque chose de flou pour ma famille », ajoute-t-il.  

« Je suis très heureux de vivre de ma passion, même si derrière les rires, c’est un métier de montagnes russes avec beaucoup de travail et de remise en question », poursuit l’humoriste, qui souligne le côté étonnament solitaire de son métier. L’artiste reste longtemps seul avec ses blagues avant de monter sur scène, et même là, il se retrouve seul devant son public. 

Les réseaux sociaux comme vitrine

Sur scène, l’humoriste incarne un personnage nonchalant, pince-sans-rire. Il raconte souvent sa vie d’immigré au Québec, un filon qui lui a permis de se faire remarquer sur les réseaux sociaux. Mais il souhaite aller plus loin : « Je veux développer une carrière qui touche toute la francophonie. »

Contre toute attente, Félix Wagner n’est pas un grand adepte des réseaux sociaux. Mais dans ce métier, ils sont devenus une vitrine incontournable. Il publie régulièrement du contenu humoristique sur son compte Instagram et sur Youtube.

La vidéo d’une blague sur son faible nombre d’abonnés a suffi à déclencher un effet boule de neige, faisant grimper son nombre d’abonnés Instagram de 690 à 10 000 en un battement de cils. Aujourd’hui, plus de 46 000 personnes le suivent. Malgré tout, il confie avoir une préférence pour le stand-up, « car le rire est instantané et humain. »

Une carrière en construction

Félix Wagner vit de sa passion grâce à une combinaison de scènes et de collaborations. À sa sortie de l’école, il a participé aux Nouveaux visages de Juste pour rire. Il est également arrivé en finale du concours La Relève du festival de Montreux, en Suisse. À l’occasion, il écrit aussi pour d’autres humoristes. « C’est un stress chaque mois, mais pour l’instant, ça fonctionne », confie-t-il.

À Montréal, on peut le retrouver dans plusieurs salles de stand-up, comme le Terminal et le Bordel Comedy Club. Le 10 avril, il partagera la scène du Jockey avec l’humoriste belge Leonardo de Hemptinne.

À la conquête de la francophonie 

Félix Wagner se dit très attaché au Québec. C’est ici qu’il commence à se faire une place sur scène et qu’il apprend les rouages du métier. Il partage même sa vie avec une Québécoise. Mais il reste aussi profondément lié à sa culture française.

Son objectif ultime est clair : construire une carrière entre les deux continents et partir à la rencontre de la francophonie avec son spectacle.

L’humoriste nous partage ses coups de cœur en humour :

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