L’illustratrice française Elaillce met le Québec en haut de l’affiche

Crédit : Daisy Le Corre

Installée à Montréal depuis 5 ans, Alice Hosdain, aussi connue sous les traits d’Elaillce — qu’on prononce difficilement “euuulaiiillce” — a vécu à Paris jusqu’en 2012. Arrivée en PVT, elle est rapidement devenue résidente permanente et vise maintenant la citoyenneté. De ses petits tracas aux plus gros quiproquo ( vous avez dit “bienvenue” ?) en passant par les paysages du Québec, elle a pris l’habitude de dessiner et d’afficher ce qu’elle vit et ce qu’elle voit. Attention, c’est beau.

“J’avais envie de partir à l’aventure seule, de découvrir une autre culture et de repartir à 0”, nous a raconté calmement la trentenaire, attablée au café “Oui mais non” où nous l’avons rencontrée (testez leur chaï latte glacé). “Ma vie en France ne me convenait plus, surtout au niveau de la mentalité. Je n’arrivais pas à changer de travail : on me disait que j’avais trop d’expérience dans un domaine et que je ne pouvais rien faire d’autre”, explique celle qui était designer dans le packaging et qui a cherché, en vain, un·e job dans le web à Paris.

Lassée, à 25 ans, elle décide de quitter la France et de poser ses valises à Montréal. “Je me suis trouvé une colocation, des nouveaux amis et j’ai réussi à travailler dans le web ! J’ai eu l’impression que tout semblait possible ici, comme si cette ville était prédestinée pour les graphistes. Ça m’a motivée pour me lancer et créer mes affiches.”

Crédit : Elaillce

Stimulée par le souffle créatif de la métropole mais aussi par ses boutiques et ses marchés remplis de jeunes créateurs (souvent français), elle conçoit pour la première fois quelques affiches et lance un blogue sur sa vie à Montréal. Rapidement, son travail est repéré et donne lieu à l’édition d’un livre en bonne et due forme (qu’elle prévoit bientôt de rééditer): Le Québec tout en émotions. “J’aimerais en faire un deuxième mais ça prend du temps. Je voudrais raconter la suite de son expérience. J’ai appris beaucoup de choses en 5 ans !”, confie Alice qui travaille à temps plein le jour.

Depuis son arrivée en 2013 jusqu’à maintenant, elle a noté quelques changements qu’il lui tarde d’aborder dans un futur ouvrage, à commencer par l’augmentation du nombre d’anglophones à Montréal. “Il n’y en avait pas autant quand je suis arrivée. Je trouve ça vraiment cool cette mixité des liens, des langues, des cultures, etc. J’ai aussi remarqué que certains anglophones ne parlent pas du tout français”, confie la Française pas encore tout à fait bilingue non plus.

Si son quotidien au Québec a fait partie de ses thèmes de prédilection à ses débuts, elle a rapidement cherché à prendre une autre direction pour dessiner des paysages sans forcément raconter sa vie. “J’ai voulu élargir ma cible. Je ne veux plus seulement raconter les choses d’un point de vue français. Je veux être une créatrice du Québec, pas une créatrice française. Je me sens autant française que québécoise… Je me sentirai bientôt canadienne aussi, j’attends ma citoyenneté ! (rires) Je reste fière d’être Française autant que de vivre ici”, raconte Alice qui prévoit maintenant de lancer une ligne de “tote bags” et peut-être même de collaborer avec Tourisme Gaspésie (son affiche fait fureur).

En attendant, elle continue à savourer sa vie ici et à capturer les instants, dans le Mile End ou dans Villeray. Sa couleur préférée ? “Celle de Montréal à l’automne.” Évidemment.

Crédit : Elaillce