“CAM, c’est elle”, la youtubeuse française à suivre à Montréal

Avec ses faux-airs de Daria Morgendorffer, Camille est surtout connue pour son compte Youtube “CAM, c’est elle” qui affiche bientôt 12 000 abonnés à son compteur et plus d’une soixantaine de vidéos.

C’est en 2013 qu’elle est arrivée à Montréal en Programme Vacances Travail (PVT) accompagnée de sa meilleure amie. “Avant, j’y étais déjà venue en vacances pendant deux semaines et j’avais adoré l’ambiance.” Il ne lui en fallait pas plus pour plier bagage et quitter son pays natal. “À Montréal, je me sentais bien, enfin! En France, tout me stressait ou presque… J’avais l’impression de devoir faire attention à tout en permanence, ici tu peux marcher la tête haute, t’as peur de rien, tu te sens plus en sécurité. J’ai eu envie de vivre ça tout le temps”, raconte simplement Camille qui a quitté son emploi de professeur à l’école des métiers du cinéma et de l’audiovisuel (ARFIS) et sa famille pour donner vie à son projet canadien.

Après avoir fait un peu de bénévolat, elle a finalement trouvé un emploi de monteuse vidéo au bout de deux mois de recherche dans une boîte de production montréalaise. “Ce n’était pas forcément le job idéal mais ça m’a dépanné pendant un petit moment jusqu’à ce que j’apprenne que l’entreprise ne pouvait pas prolonger mon contrat”, se souvient la jeune femme de 30 ans qui a profité d’être au chômage pour lancer sa chaîne Youtube, un projet qui lui tenait à coeur depuis quelques mois déjà. “La première fois que j’ai eu l’envie de lancer ma chaîne c’était en novembre 2015. Le lendemain, il y a eu les attentats du Bataclan… Ça m’a minée. Je n’arrivais plus à travailler. Quand on est loin, j’ai l’impression que les attentats, ça te bouffe encore plus.”

Et puis heureusement, il y a eu PL Cloutier, le youtubeur montréalais qui lui a donné le courage de se lancer sur YouTube et qu’elle a eu la chance de rencontrer en chair et en os: l’élément salvateur qui a tout déclenché.

“J’avais commencé à regarder ses vidéos et c’était le seul truc qui arrivait vraiment à me faire rire. Alors j’ai eu envie de faire comme lui, de faire rire les gens”, raconte Camille qui a conçu le design de sa chaîne en février 2016 et qui a lancé sa première vidéo en juin 2016.

“Il m’a fallu un peu de temps parce que j’étais stressée à l’idée de sauter le pas. Je n’avais jamais fait ça avant et j’avoue que je déteste être devant la caméra,” confie la youtubeuse qui considère ses vidéos comme une forme de thérapie et un bon moyen de transformer sa timidité en créativité. “Je ne re-regarde aucune de mes vidéos. Quand j’ai fini d’en monter une, je la montre à ma colocataire, je l’exporte et je la mets en ligne”.

Une grande timide qui fait des miracles: en un mois, elle a réussi à gagner près de 6000 abonnés sur sa chaîne grâce aux partages de sa vidéo (maintenant culte) “Les choses à éviter de faire au Québec”. Si pendant longtemps, son public a été très français, il y a maintenant aussi beaucoup de Québécois qui regardent attentivement ses vidéos. “Ils sont parfois plus tatillons que les Français sur certains sujets linguistiques, entre autres. Il m’arrive aussi de recevoir des commentaires haineux sur les Français de la part de certains trolls. D’ailleurs, peut-être que j’en ferai une future vidéo sur les commentaires méchants…”.

Victime de son succès, Camille se fait parfois arrêter dans la rue par ses fans. “C’est arrivé tôt! Au début, j’avais l’air stupide parce que je ne m’y attendais pas du tout…”, raconte la youtubeuse aussi monteuse indépendante qui travaille régulièrement en collaboration avec différentes compagnies. Elle a également réalisé une vidéo en partenariat avec la banque Desjardins destinée aux nouveaux arrivants.

Sa nouvelle passion? Aller à la rencontre de ses fans. “Il y a beaucoup de gens qui viennent aux rencontres pour voir si je suis la même en vrai! Je ne pourrais pas être quelqu’un d’autre, ça me prendrait trop d’énergie.” Un prochain meetup devrait être organisé à Montréal sous peu, restez connectés…