Quentin Dupieux : « Je construis mes films comme des rêves ou des cauchemars »

©Lucas Wils

À l’occasion du Festival du Nouveau Cinéma (FNC) de Montréal, Quentin Dupieux est venu présenter son film « Au Poste ! ». Rencontre avec le réalisateur français aussi connu pour ses talents de DJ en tant que Mr. Oizo — il s’est d’ailleurs produit à la Société des Arts Technologiques (SAT) le 6 octobre. 

C’est peut-être le parfait duo humoristique qui rassemble deux générations : Grégoire Ludig (“Palmashow”, “Very Bad Blagues”) et le talentueux Benoît Poelvoorde qu’on ne présente plus. Ils se retrouvent pour ce 7e long-métrage de Quentin Dupieux. Tourné à huit-clos, “Au Poste !” raconte l’interrogatoire d’un suspect qui découvre un cadavre au pied de son immeuble. Buron (Poelvoorde) questionne Fugain (Ludig) toute la nuit, sur ses divers faits et gestes concernant le mort gisant dans son sang. Un film qui plaira aux amoureux du cocasse.

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« Grégoire Ludig, je l’ai vu dans un film et je trouvais qu’il jouait bien. Il était très naturel avec une super vibe, je l’ai contacté et après je me suis rendu compte qu’il était connu pour le Palmashow », raconte le réalisateur avant d’ajouter que Poelvoorde était une évidence. « J’ai grandi avec ses films, c’est un type que j’admire et que j’adore. » D’autres noms complètent encore ce casting de choc : Philippe Duquesne, Anais Demoustier, Marc Fraize et le rappeur Orelsan.

« (…) un film c’est comme une partition très précise »

Après « Wrong » et « Wrong Cops », tournés à Los Angeles, Quentin Dupieux a opéré un retour à la langue française avec « Au Poste! ». « J’avais envie d’une expérience française dans le texte. Mes anciens films étaient tournés en anglais, une langue que je maîtrise peu. » Cette volonté de revenir à sa langue natale s’en ressent d’ailleurs dans les dialogues utilisés qui mènent à un huit-clos… où le suspect se rend compte qu’il est dans une pièce de théâtre. « Avec mes films, je joue un peu avec les spectateurs », avoue le cinéaste français.

L’improvisation en tant que réalisateur ? Très peu pour lui. « C‘est impossible, un film c’est comme une partition très précise, il faut tout écrire. Le boulot c’était de travailler non-stop avec les comédiens, pour avoir la plus belle musique, le plus beau rythme possible. »

À savoir s’il connaît bien Montréal, la réponse est oui, ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il vient. « J’ai tourné mon premier long métrage, «Steak»à Montréal en 2007, j’y étais resté deux mois », confie le réalisateur qui préfère (de loin) le bœuf bourguignon à la poutine surtout « parce que c’est vilain à regarder » selon ses dires.

Côté projet, il vient de terminer le tournage de son film « Le Daim », où l’on sait déjà que Jean Dujardin et Adèle Haenel sont les acteurs principaux. « C’est mon premier film réaliste sur deux thèmes : la folie et la liberté. » Un nouveau registre pour le cinéaste où il “parle d’une folie réelle” à la différence de ses autres projets.

Enfin, à savoir comment il s’y prend pour donner vie à ses oeuvres cinématographiques, l’artiste français a une technique bien à lui : « Je construis mes films comme des rêves ou des cauchemars ». Bon ciné dans les bras de Morphée (ou pas)…

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