Nectar, le capteur franco-canadien qui fait parler les abeilles

Xavier de Briey et Marc-André Roberge

Un petit capteur glissé dans les ruches pour vérifier leur évolution nommé Nectar : c’est l’alliance de la technologie et de la nature inventée par un duo franco-canadien. Ils n’ont pas encore 30 ans mais des profils complémentaires aux valeurs environnementales affirmées : rencontre avec Marc-André Roberge et Xavier de Briey, les papas de Nectar.

L’idée de notre capteur, c’est de transformer le monologue des apiculteurs en conversation avec les abeilles,” explique poétiquement Marc-André Roberge, co-fondateur de Nectar. Lorsqu’ils se lancent dans l’aventure, ni Marc-André Roberge ni Xavier de Briey n’ont de formation en apiculture. C’est en 2016 qu’ils se sont rencontrés via un groupe Facebook où s’échangeaient diverses offres d’emploi.

Xavier de Briey d’origine française et ingénieur de formation, a posé ses valises à Montréal il y a 5 ans dans le cadre d’un double diplôme en ingénierie après des études à l’Institut supérieur d’électronique et du numérique de Lille et à l’Ecole de technologie supérieure de Montréal. “Je ne suis jamais reparti depuis !”, lance-t-il simplement. Après son diplôme, il voyage dans l’ouest canadien et revient à Montréal pour entamer des projets, qu’il laisse en plan. C’est alors qu’il rencontre Marc-André Roberge et se passionne pour le projet que ce dernier lui propose.

De leur rencontre est né ce drôle d’objet, pas plus gros que la paume d’une main qui, selon ses inventeurs, devrait “aider à améliorer le quotidien des apiculteurs”. À ce capteur s’ajoute une plateforme qui permet d’analyser les données en temps réel. “Ce sont ces données qui font toute la différence,” explique Marc-André Roberge.

C’était fou”, explique Marc-André Roberge. “Lors de notre deuxième rencontre, Xavier avait apporté ses outils et bricolait déjà une version bêta du capteur !” Marc-André Roberge, quant à lui, a fait des études en design industriel à l’Université de Montréal. “J’ai découvert le monde des abeilles lorsqu’on s’est intéressés, en classe, aux problématiques environnementales et qu’on cherchait comment apporter une solution,” se souvient-il.

Il se pique alors d’intérêt pour les abeilles et découvre que, pour jauger de la santé d’une ruche, les apiculteurs doivent physiquement les inspecter. “Cela prend beaucoup de temps ! Et puis jauger de la santé d’une ruche, ça vient avec l’expérience.”

Lancé en octobre 2016, le capteur, une fois installé dans la ruche, permet d’en déterminer la santé. “La force d’une ruche est dépendante de la santé de sa reine. Le capteur permet donc de calculer si la reine pond assez d’oeufs, si la population grandit, etc…”, raconte Marc-André Roberge. Ces données sont ensuite transmises aux serveurs de Nectar : l’algorithme que l’équipe a conçu analyse ces données brutes et les renvoie “digérées et claires” aux apiculteurs sur une plateforme dédiée.

L’un des défis de construire ce capteur a été de trouver les matériaux adaptés pour ne pas que les ruches soient dérangées ni que les abeilles ne mangent les matériaux”, explique Xavier de Briey. Entre la version bêta du capteur, qu’ils ont testé dans la ruche que Marc-André Roberge que gardait sur le toit de son immeuble, et la version d’aujourd’hui, un monde les sépare. Et ce n’est que le début. “Dans le courant de l’année 2018, on va ajouter de nouvelles fonctionnalités. On réfléchit aussi à lancer une production de masse, sans doute pour 2019.”

Selon les deux co-fondateurs, des groupes du monde entier s’intéressent déjà à leur produit. Nectar n’a pas fini de buzzer.