ON Animation, le studio français qui fabrique des films à Montréal

Crédit : Ouissem Gombra

Inauguré officiellement à l’automne 2017 au coeur de Montréal, ON Animation Studios, filiale du groupe français ON Entertainment, est à l’origine des films “Le Petit Prince” et “Mune: Le gardien de la lune”. Deux longs-métrages à succès produits à Montréal auxquels s’ajoutera “Playmobil: le film”, une superproduction dotée d’un budget de 75 millions US qui sortira en 2019.

“Quand on est producteurs d’animation, il faut pouvoir contrôler tous les aspects de sa production : les outils, les process, les équipes, etc. Dans cette optique, Montréal restait le meilleur endroit sur Terre pour répondre à nos besoins !”, expliquent les producteurs français Alexis Vonarb, président du studio et Olivier Rakoto, le PDG.

C’est d’abord la communauté d’artistes présente à Montréal qui a intéressé la compagnie française, tout comme les savoir-faire développés par certains montréalais.es déjà passé.es par Ubisoft. Le “double aspect francophone-anglophone” de la métropole a également pesé dans la balance, sans parler de la situation géographique de Montréal idéalement placée entre l’Europe et la Côte Ouest des États-Unis.

Après avoir jeté leur dévolu sur la ville aux cent clochers, il ne leur restait plus qu’à trouver un endroit pour abriter le studio d’animation. Après avoir visité une trentaine d’espaces, c’est à deux pas du métro Concordia qu’ils ont finalement élu domicile. “On voulait absolument un studio de plain-pied pour faciliter les échanges entre les employés, de la place pour une vraie salle de projection afin de suivre quotidiennement le travail réalisé sur les films en production, ainsi qu’une cafétéria et un espace événements”, se souvient Olivier Rakoto, en regardant deux de ses employés jouer au ping-pong durant leur pause.

En avant les histoires…

Actuellement, environ 180 personnes y travaillent pour donner vie à “Playmobil: le film” dont les figurines (géantes) décorent fièrement l’open space.“Sur place, on a tous les métiers artistiques et techniques qui font partie de la chaîne de production d’un film d’animation”, annonce le PDG français qui travaille avec le réalisateur Lino DiSalvo (“La Reine des Neiges”, “Raiponce” et “Volt”) pour créer “Playmobil: le film”. Rien que ça !

Dans une ambiance décontractée, des animateurs, auteurs, modeleurs et graphistes 3D, entre autres, travaillent en étroite collaboration. Des cours d’anglais et de français sont également proposés aux employés pour faciliter les échanges au sein d’une équipe composée à 60% de Canadiens.

“Il n’y avait pas d’activités longs-métrages à Montréal avant qu’on arrive !”, rapporte Alexis Vonarb qui en a donc profité pour rapatrier des Québécois partis travailler sur la Côte Ouest dans d’autres studios d’animation. Aujourd’hui, L’Atelier Animation fait partie de leurs “amis concurrents”, un studio d’animation montréalais spécialisé dans la création de séries et de longs métrages d’animation 3D.

Quant à savoir s’il existe une “french touch” ou une “saveur française” dans la manière de travailler chez ON Animation… “On travaille à la française ou à l’européenne, cela signifie qu’on offre à nos auteurs une liberté créative qu’ils n’ont pas forcément dans le système américain”, affirme Alexis Vonarb.

À terme, la compagnie prévoit d’avoir toujours en studio deux productions qui s’enchaînent. “Une qui termine et l’autre qui commence ! Cela nous permettrait de garder nos équipes et de faire grandir les gens professionnellement d’un projet à l’autre, tel est notre objectif”, confient les deux producteurs.