10 anglicismes que les Français rêvent de voler aux Québécois

Crédit : Daisy Le Corre

Comme l’a déjà évoqué Solange dans cette vidéo et CAM c’est elle ici, les Québécois utilisent bon nombre d’anglicismes au quotidien. Mais pas forcément les mêmes que leurs cousins français. Tour d’horizon full cool. La preuve qu’on se comprend.

1- “C’est l’fun !”

Sûrement l’expression la plus typique et celle qui revient le plus souvent dans les conversations. On l’adopte facilement parce que c’est l’fun de dire autre chose que “c’est génial”, “trop cool” ou “c’est le pied”! Et si vous êtes vraiment super content.e, ajoutez “au boutte” après “c’est l’fun”. Ou dites simplement que c’est “full le fun”. Attention : avec l’accent français, on comprend parfois “cell phone” au lieu de “c’est l’fun”. Arrêtez ça. 

2- “Anyway”

C’est un peu l’équivalent de notre “bref” ou “peu importe”. Anyway, il devient vite un réflexe. On l’utilise à tout bout de champ, tous les 4 mots environ, avec une certaine intonation. On le place parfois quand on n’a rien à dire (pour combler le vide) ou quand on réalise que notre argument tombe à l’eau. Ça coupe la chique, direct.

Variante : avec un “s” final, “anyways”, il peut aussi servir à clore un sujet qui fâche. Exemple: “Anyways, je n’aime pas tes bobettes, c’est tout”. 

3- “Cute”

Qu’il s’agisse d’un humain (petit ou grand), d’un vêtement, d’un endroit, d’un petit chien ou d’une façon de parler: C’EST CUTE PAREIL. On prononce ça “kioute” et on accentue le “iou” en fonction de l’intensité de mignonnerie de la chose en question. À noter : le double cute, “cute cute”, permet d’insister encore un peu plus mais se prononce très rapidement. Mieux vaut être expérimenté au risque de faire pire que “cell phone”/”c’est l’fun”. Cuuuuuuuuuuuute, hein ?

4- “T’es pas game”

On peut l’assimiler au fameux “t’es pas cap’” français qu’on se lançait un peu fébrilement quand on avait 6 ans en courant autour du bac à sable. “T’es pas game de dire à ta mère que t’as mangé une mouche”. Variante : “je suis game pour une bière”, au sens “je suis partant.e pour une bière” et se métamorphose parfois en “je suis down pour une bière”. Alors vous êtes chauds ? 

5- “C’est chill”

On l’utilise un peu comme “c’est cool” dans le sens où “c’est plaisant” d’aller chiller en terrasse, par exemple. “C’est chill” dérive parfois en “c’est hot”, histoire de varier les plaisirs. En France, on pourrait comparer ça à l’expression ô combien incompréhensible : C’EST FRAIS. Ou pire : ÇA GÈRE. Désolée de remettre ça sur le tapis mais ça a existé. 

6- “C’est tough”

En voilà un petit mot utile et couramment utilisé qui remplit à lui tout seul la mission de plusieurs profs d’anglais réunis : permettre aux Français de prononcer (enfin) correctement le « gh » en anglais! C’est pas si “tof” que ça en fait. Trop fastoche.

7- “La job”

“Job” fait partie des mots qui changent de genre en traversant l’océan Atlantique. Et c’est ben correc’. En France, on ne se pose jamais la question, on a tous un job pour payer notre loyer et nos voyages au Québec. Alors qu’ici, on a UNE job et ça fait bien la job. Pas la peine de forcer tout le monde à le mettre au masculin, c’est weird !

8- “T’es weird”

“T’es bizarre” ou “T’es chelou” sont les deux principaux équivalents de cette expression qui peut s’avérer gênante en fonction du contexte. Anyway, ce ne sera jamais aussi chelou que cette personne qui te lançait “T’es trop chum” il y a quelques temps en France.

9- “La gang”

Au masculin, en France comme au Québec, le mot gang peut faire flipper (au sens français du terme) en s’apparentant au diminutif de gangster. Au féminin, en revanche, c’est plutôt l’fun d’avoir une gang sur qui compter, bref d’avoir une bande de potes. À prononcer comme vous pouvez.

10- “J’ai fucké l’affaire”

Là c’est le drame, vous avez tout foiré ou tout brisé, vous avez juste fucké l’affaire. Même si le terme “fuck” est plutôt vulgaire à l’origine, on l’utilise régulièrement de différentes manières. Variante possible : “fucker le chien”, rien de trop weird là-dedans, cela signifie surtout qu’on complique les choses, qu’on met le dawa. Quoi, t’as le sum ?