Quand on part vivre à l’étranger, on s’attend à certains défis : la langue, l’administration, parfois la solitude. On pense beaucoup moins à la santé, et encore moins à une maladie dont on n’a jamais entendu parler.
Dans ce nouvel épisode de la mini-série Tuile d’Expat’, sponsorisée par la CFE (Caisse des Français de l’Étranger), Astrid Moulin raconte comment elle a mis un nom sur des douleurs qu’elle pensait normales depuis des années.
Installée à Toronto depuis plus de dix ans et franco-canadienne, Astrid est active, sportive et en apparente bonne santé. Pourtant, depuis longtemps, elle vit avec des sensations de brûlure, des douleurs aux jambes et aux bras, une hypersensibilité au toucher. Elle n’en parle pas, persuadée que tout le monde ressent la même chose. « Je pensais que c’était normal », raconte-t-elle.
La prise de conscience
Le déclic arrive lors d’un cours de pilates, quand une professionnelle du mouvement lui dit que ce type de douleur n’a rien de banal. S’ensuit quelques mois plus tard un message non sollicité sur Instagram qui vient tout bouleverser : quelqu’un lui suggère qu’elle pourrait avoir un lipodème. Astrid ne connaît pas ce mot. Et ses premières recherches ne l’aident pas, les images qu’elle trouve ne lui ressemblent pas vraiment. La maladie est encore très souvent associée (à tort) au surpoids.
En creusant, Astrid découvre une réalité bien plus complexe. Le lipodème est une maladie chronique qui touche majoritairement les femmes et provoque une accumulation anormale de graisse douloureuse, principalement sur les jambes et les bras. Une graisse qui ne réagit ni à l’alimentation ni au sport, ce qui rend le diagnostic long et souvent décourageant. Pour Astrid, il faudra de longues recherches et beaucoup de rendez-vous médicaux avant qu’un médecin à Toronto confirme enfin le diagnostic.
Le diagnostic pour reprendre le contrôle
L’annonce est un choc. Non seulement parce que la maladie n’a pas de remède, mais aussi parce qu’elle impose de repenser entièrement sa relation à son corps. « J’avais l’impression de perdre le contrôle », confie-t-elle. Très vite se pose la question : que faire maintenant ? Sans traitement miracle ni prise en charge claire, Astrid teste, adapte, observe. Jeûne intermittent, soins drainants, compression, thérapies manuelles… Elle documente tout, consciente que chaque corps réagit différemment.
Mais au-delà des soins, cet épisode parle aussi d’isolement, de légitimité et de santé mentale. Astrid évoque l’importance d’être crue par les professionnels de santé, le poids des remarques minimisantes, et le rôle essentiel de la communauté. C’est en ligne, sur les réseaux sociaux, qu’elle trouve d’autres femmes qui vivent la même chose. Et c’est aussi pour elles qu’elle choisit aujourd’hui de témoigner.
Son message est clair : se faire confiance, ne pas banaliser la douleur et ne pas rester seule. Mettre un nom sur ce qu’on vit peut faire peur, mais c’est aussi le point de départ pour aller mieux. « Ça ne change pas qui je suis », dit-elle. « Maintenant, je comprends mon corps et je peux avancer avec lui. »
Un témoignage précieux pour toutes celles et ceux qui vivent avec une maladie invisible, et pour ceux qui cherchent encore des réponses.
🎧 Son histoire est à écouter dans French Expat, le podcast de celles et ceux qui vivent loin de chez eux.
👉 Cet épisode est sponsorisé par la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) : rendez-vous sur leur site pour trouver une assurance santé parfaitement adaptée à votre profil.
French Expat est un podcast de French Morning qui raconte les parcours de vie des Français établis hors de France. Retrouvez-le sur toutes les plateformes d’écoute : Spotify, Apple Podcast, Deezer, Google Podcast, Podcast Addict, Amazon Music. Cet épisode est raconté, produit et réalisé par Anne-Fleur Andrle, habillé et mixé par Alice Krief.
