Escapade dans la Petite Bourgogne de Montréal

Promenade dans la rue Coursol.

Entre les quartiers de Saint-Henri et de Griffintown, La Petite-Bourgogne s’étend comme une parenthèse dans la ville. Imprégné de son passé, le quartier regorge de belles histoires et de découvertes. Suivez le guide !

Un peu d’histoire
Anciennement Sainte-Cunégonde et annexée par Montréal en 1905, La Petite-Bourgogne était et reste un quartier populaire de la ville. Développée avec la construction du Canal Lachine, en 1825, et des gares Bonaventure et Windsor, elle attire à l’époque les manufactures et avec elles, la population ouvrière. Dans les rues, les habitations en briquettes témoignent encore de ce passé et l’on peut toujours marcher sur les anciens rails du chemin de fer. Avec le développement fluvial sur le Saint-Laurent, le canal est délaissé dès 1970. Le chômage frappe alors la Petite-Bourgogne et entraîne avec lui l’insécurité.

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En pleine effervescence
Aujourd’hui, un tiers des habitants de la Petite-Bourgogne vivent dans les HLM construits lors du plan de réaménagement, faisant du quartier la plus grande concentration de logements sociaux du Canada. Toutefois, la page est tournée pour le quartier, qui profite maintenant de l’effervescence de Griffintown pour se développer. “Il fait désormais partie des coins les plus sécuritaires de Montréal”, affirme Vincente Pérez, coordinateur de La Coalition de la Petite-Bourgogne. Et mérite le détour : “Même si nous n’avons pas une histoire comme la Belgique ou la France, on a quand même des petites choses à faire découvrir“, sourit Vincente Pérez.

La rue Coursol
La rue Coursol est certainement l’une des plus charmantes du secteur. Il n’est pas difficile d’imaginer la vie qui y régnait, il y a un siècle de ça. Au coeur de la Petite-Bourgogne, la rue Coursol prospérait loin de l’agitation des industries du canal. “Elle était donc habitée par la population la plus aisée du quartier”, explique Vincente Pérez.

Maison colorée typique de la rue Coursol.

Le Marché Atwater
Grâce à sa haute tour, il est impossible de manquer le marché Atwater, qui a ouvert ses portes en 1933. L’édifice de style art déco n’a rien à envier à son grand-frère, le marché Jean-Talon. Vous y trouverez sans aucun doute tout le nécessaire pour faire votre épicerie. En semaine, les étals ne sont pas tous remplis mais vous pourrez tout de même vous y promener dans un calme absolu.

La rue Notre-Dame
La rue Notre-Dame était réputée pour ses nombreux antiquaires. Aujourd’hui, ils ont laissé place à de petites boutiques modernes. “La mutation du quartier a commencé au début des années 2000certainement liée au développement des abords du canal, explique Vincente Pérez. Les antiquaires n’étaient plus capables de payer les loyers qui augmentaient, ils ont donc laissé leur place. Aujourd’hui, il n’en reste qu’un ou deux.

À la place, de nombreuses petites boutiques prennent vie rue Notre-Dame. En poussant la porte de quelques-unes d’entres elles, vous dénicherez des pièces d’artisanat québécois et du monde, choisies avec soin par les propriétaires. Chez Lola Petite-Bourgogne, vous trouverez des objets déco et cosmétiques pour la plupart produits par des entreprises locales : “Nous faisons beaucoup d’artisanat et je fais attention à choisir des marques respectueuses de l’environnement”, explique la nouvelle propriétaire, Erika Boies. Une manière de travailler partagée par Johan De león, co-propriétaire du Studio Chiaroscuro, qui vend des bijoux à quelques pas de là : “Nous ne cherchons pas des marques de luxe mais plutôt des petits créateurs originaux.” Pour les plus gros budgets, vous pourrez également franchir le seuil de la Boutique Péridot.

Goûtez l’ambiance
Une balade ne serait pas une balade sans une pause dans un petit café, et la rue Notre-Dame regorge de places où il fait bon venir se rassasier. Tel Lili&Oli installé depuis maintenant 13 ans dans le quartier. C’est avec un grand sourire que les propriétaires partagent l’histoire de la rue en préparant une tasse de thé accompagnée d’un croissant.

Lili & Oli.

Plus haut, le pâtissier Patrice Demers a installé sa boutique devenue depuis une véritable institution dans Montréal. La vitrine présente des classiques de la pâtisserie française et des créations élaborées que les gourmands peuvent tester dans le salon de dégustation.

Patrice Pâtissier.

Pour les restaurants, The Burgundy Lion et Joe Beef sont deux incontournables de la rue Notre-Dame, situés l’un en face de l’autre. En milieu d’après-midi, derrière le comptoir du Burgundy Lion, l’ambiance est celle des pubs anglais, avec des supporters visionnant un match de football (européen) une bière à la main.

Le jazz dans les murs

Mural de Roadworth, 2016.

Pour les amoureux de musique, sachez que la Petite-Bourgogne a vibré aux rythmes du jazz durant des décennies. Parfois surnommée le Harlem du Nord, La Petite-Bourgogne a accueilli et a vu naître de nombreux jazzmen dont les célèbres Oscar Peterson et Oliver Jones. Une situation qui encore une fois n’est pas étrangère à la géographie du quartier. Proche des gares, la Petite-Bourgone s’imposait comme une destination simple d’accès pour les Américains qui fuyaient, le temps d’une soirée, les États-Unis et la prohibition pour passer un moment à boire, en écoutant de la bonne musique.

Le Canal Lachine
Le Canal Lachine est une place idéale pour terminer votre journée. Prisées des coureurs, ses deux rives offrent une jolie vue sur le pont Charlevoix et sur les vestiges de l’époque industrielle de la Petite-Bourgone.

Envie de poursuivre votre flânerie ? Vous pourrez alors découvrir les églises Sainte-Cunégonde et Saint-Irénée, deux édifices imposants que vous ne pourrez pas louper durant votre promenade. “J’aime vraiment tout ce quartier, mais si je dois conseiller une dernière chose, ce serait peut-être le centre Georges-Vanier : l’ancien hôtel de ville de Sainte-Cunégonde, caserne de pompiers et la plus veille bibliothèque francophone nord-américaine“, conseille Vincente Pérez.
Il ne vous reste plus qu’à savourer cette Petite Bourgogne !

 

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