Les restaurateurs de Montréal tentent la vente à emporter pour éviter le chômage

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Quand la crise a commencé à moindre son nez, Josée Préfontaine, de L’Express était bien décidée à rester ouverte: “ça fait bientôt 40 ans que nous sommes ici et nous avons toujours eu la philosophie d’être au service de notre clientèle”. Pour limiter les risques, la restauratrice a demandé à tous les clients de s’abstenir de venir s’ils avaient voyagé depuis moins de 14 jours. “Mais très vite on a réalisé que certains s’en moquaient; ils disaient d’abord qu’ils n’avaient pas voyagé puis au bout de deux verres racontaient qu’ils arrivaient de l’aéroport”. Pour la propriétaire des lieux, pas question de mettre en danger le personnel ou les autres clients. Elle a donc décidé de fermer.

Qu’elle qu’en soit la raison, et même si la fermeture n’est pas encore obligatoire à Montréal, la très grande majorité des restaurants est désormais fermée.  “Pour nous ce n’est pas rentable, on a environ 15% de notre clientèle, les gens ne veulent pas sortir, explique ainsi Al Charmant, propriétaire de La Croissanterie Figaro. On a des frais de staff assez élevés et dans ces conditions on ne peut plus les payer”. 

Pour la plupart des restaurateurs, la priorité est d’essayer de limiter les dégâts pour le personnel. Le Boulevardier a laissé le choix à ses employés explique Benoît Saint-Hilaire : « On a envoyé des messages à tout le monde en leur demandant s’ils voulaient se mettre au chômage ou s’ils voulaient leurs payes de vacances.» Au Petit Extra, la mise en place d’un service de livraison et de plat à emporter à permis de garder trois cuisiniers et l’équipe de direction. «On a devancé les choses, raconte l’un des trois propriétaires Jérôme Fevre-Burdy et après notre dernier service lundi midi, on a décidé de mettre en place un service de livraison de plat sous vide ou fraichement cuisinés et également un système de plat à emporter».

L’Express a mis en place un système de plats à emporter avec un menu régulièrement changé sur leurs réseaux sociaux. Mais tout le monde n’a pas cette possibilité. Le Boulevardier étant affilié à un hôtel ne peut par exemple recourir à cette alternative.

Et le gaspillage dans tout ça ?

Les restaurants ont aussi eu à coeur d’éviter le gaspillage malgré cette fermeture imprévue. « Dans les derniers jours on n’a pas fait d’achat, on a écoulé ce qu’on devait écouler et on a contrôlé les pertes à ce niveau la » raconte la propriétaire de l’Express. Au Petit Extra, “quand on a compris que c’était mieux pour nous de fermer, on a tout transformé pour éviter le gaspillage”. Le Boulevardier a lui donné les produits au personnel de l’hôtel et du restaurant “et congelé le reste”.