Stéphane Denis, le Français qui murmurait à l’oreille des chiens de traîneau

Crédit : Stéphanie Cabre

« Il a fallu que je vive 4 ans avec eux pour apprendre à les écouter et qu’au bout de tout ce temps, ils me nomment enfin chef. » À la tête d’une meute de 42 chiens à son arrivée, Stéphane Denis en compte aujourd’hui 80 dans son royaume des Laurentides, le centre d’activités nature Kanatha-Aki à Val-des-Lacs.

Un endroit rêvé, à 1h30 de Montréal, qui offre balades et expéditions en chiens de traîneau ainsi que des aventures en tout genre, au grand air et sur des kilomètres de pistes. Les « Huskies d’Alaska » de Stéphane Denis, la star de ces athlètes des neiges, sont issus de croisement entre Huskies et autres races comme des Braques, des Lévriers, des Pointers, etc. Ce métissage en fait des champions du grand froid, capables de courir des marathons et de sillonner les grands espaces pour le plus grand bonheur de nos rétines.

L’appel de la forêt

Dieppois d’origine, Stéphane Denis est arrivé au Québec il y a 18 ans. L’appel de la forêt, de la terre et des bêtes, lui ont fait troquer sa vie de pisciculteur en France contre sa cabane au Canada et sa meute de chiens. « J’avais eu des chiens auparavant mais je ne connaissais rien aux chiens de traîneau. J’ai du apprendre à lire leur langage, à les écouter. Ça a été un moment de connexion ultime avec l’animal et ça a changé ma vie. Ce langage des chiens m’a appris a écouter le langage des autres animaux comme les bisons et les chevaux. Les animaux, je ne les vois plus de la même façon qu’avant. »

Sa team de 80 chiens occupe un chenil à ciel ouvert que l’on peut visiter. Les Huskies d’Alaska vivent en meute comme les loups mais ils ont besoin d’avoir des repères territoriaux et donc un endroit où ils se sentent chez eux. Chacun à sa niche extérieure et leur épaisse fourrure leur permet d’affronter le froid extrême.

Incarner les valeurs amérindiennes

La vie en harmonie avec ses chiens, ses animaux et la nature : c’est la priorité numéro un pour Stéphane Denis. Une philosophie de vie qu’il s’attache à transmettre à celles et ceux qui viennent chercher du dépaysement chez lui. Son style de vie est d’ailleurs très imprégné des valeurs traditionnelles algonquines. Il aime raconter qu’à 8 ans à peine, il disait à ses parents qu’un jour il irait habiter au Canada. « Je me suis reconnu dans les valeurs. Ici, il n’y a pas de jugement. J’ai tout de suite trouvé les Québécois authentiques : c’est venu me chercher au fond de moi. La simplicité et les valeurs de respect, je me suis retrouvé la-dedans. »

Chez Kanatha-Aki, il est possible de coupler son forfait “chiens de traîneau” avec des activités de pêche blanche ou de trappeur. Pour les accrocs au retour à la nature, des stages de survie sont également proposés. À ne pas rater non plus, la seule et unique réserve de bisons des bois au Québec à visiter en toute saison, sans oublier la fameuse tyrolienne et les balades à cheval, l’été…

Kanatha-Aki signifie « Gardien de la terre sans frontière » en algonquin : avec Stéphane Denis et sa meute, ce petit coin de paradis est bien protégé.

Crédit : Kanatha-Aki