Jérémy Ferrari : “Avec le public québécois ? C’est très jouissif, un peu comme mes débuts en France”

Jérémy Ferrari à l'Olympia de Montréal / Crédit : Lucas Wils

Après une représentation à guichets fermés à L’Olympia de Montréal le 2 mai dernier, Jérémy Ferrari revient dans la métropole pour présenter son dernier spectacle solo “Vends 2 pièces à Beyrouth” ce 16 novembre. Si vous aimez l’humour noir, le cynisme et la provocation, il est encore temps de prendre vos places.

“Souvent, les gens qui te donnent des conseils pour réussir sont souvent ceux qui n’ont pas réussi eux-mêmes ! C’est quand même assez fréquent, non ? Alors qu’en réalité, il faut se fier à son instinct”, lance l’humoriste français, lorsqu’on l’interroge sur son succès (il a été révélé par l’émission “On n’demande qu’à en rire” sur France 2 entre 2010 et 2012).

La recette magique pour réussir, selon lui ? “Il faut être sincère ! Ça a l’air d’être une phrase à la con mais pourtant c’est vrai. Mon premier spectacle a bien marché parce que j’étais sincère. Pourtant, quand je me revois sur scène, je me trouve insupportable ! Je saute partout, je suis dans une espèce de sur-jeu… Le texte est correct mais le jeu m’énerve”, confie l’humoriste, très critique envers lui-même et très lucide aussi.

Au Québec, comme ailleurs, Jérémy Ferrari pense sortir du lot grâce à ses textes corrosifs et cyniques mais surtout bien documentés. Cela fait partie de sa manière de fonctionner avec une devise qu’il suit à la lettre : “Tu ne comprends pas ? Tu notes et tu te renseignes”. Quand un bout de la Bible lui échappe, il ne se fait pas prier pour aller demander à un prêtre de lui expliquer. “Ça lui fait plaisir, en plus ! Il est souvent tout seul dans son église”, lance le comique qui prend son métier très au sérieux.

“Je crois qu’on prend vraiment trop les gens pour des cons (…) Un spectacle sur la géopolitique, ça leur parle plus qu’on ne pourrait le croire : ils comprennent parfaitement de quoi il s’agit (…)”, explique le trentenaire qui pense proposer un spectacle très populaire.

” (…) j’ai terminé d’écrire le spectacle trois mois avant les attentats du Bataclan”

À quoi s’attendre ce 16 novembre à l’Olympia de Montréal ? Si son premier spectacle portait sur les religions, il revient avec un show consacré à la géopolitique et aux guerres, en général. “Ce sont toujours des thèmes qui permettent de développer une pensée et surtout ce n’est pas gratuit. Faire de la provocation pour de la provocation, c’est bien mais pas suffisant (…) Moi j’arrive avec des faits, des articles de presse, etc. (…)”, estime le fan de Desproges, toujours prêt à rire de tout et résolument optimiste, fier de plaire au Québec. Il n’a d’ailleurs pas dû adapter beaucoup son spectacle pour son public montréalais puisqu’il s’agit d’un sujet universel. “Je parle de ce qui se passe dans le monde, cela concerne tous les citoyens de cette planète”, lance celui qui ne vote plus depuis un moment.

“Avec le public québécois ? C’est très jouissif, un peu comme mes débuts en France (…) Quand ils entendent la première vanne, ils prennent comme un petit coup de poing dans le ventre ! (rires)”, constate Jérémy Ferrari qui a terminé d’écrire son spectacle trois mois avant les attentats du Bataclan. “J’avais choisi d’écrire sur la guerre parce que je sentais qu’il y avait de la tension dans le monde. Malheureusement, j’avais raison puisque j’ai terminé d’écrire le spectacle trois mois avant les attentats du Bataclan”, confie l’humoriste, ému.

“(…) C’était un peu complexe à gérer : quand t’as 80 dates de tournées, un spectacle sur la guerre/le terrorisme et qu’il se passe ça… T’es bouleversé mais t’es obligé d’en parler, de la manière la plus sincère possible. Il faut aller le plus loin possible, à 400% dans l’humour noir pour que ça devienne absurde puis drôle (…)”, avoue le Français qui possède maintenant un garde du corps après avoir reçu quelques menaces. “En même temps, je fais tout pour qu’on me trouve !”. 

À Montréal non plus, il ne se cache pas et vous attend avec impatience ce vendredi soir dès 20h à l’Olympia.