“Quartiers d’Agora” : un jeu de société pour (re)construire des villes du Québec et de France

Oubliez “SimCity” et “Monopoly”, essayez “Quartiers d’Agora” : un jeu de société québécois qui prône le développement durable par la (re)construction des villes de Québec et de France. Réussirez-vous à survivre aux incendies, aux attaques de mouettes et à l’hiver, tout en gardant les déchets des Agoris sous contrôle ? Les dés sont jetés.

Alban Pilard, 26 ans, a co-fondé Jeux Wasa, un organisme à but non lucratif qui crée jeux de société sur les habitudes de vie durables, en mai 2016 en compagnie de Julie Tremblay. Récemment, ils ont décidé de lancer “Quartiers d’Agora”, leur propre jeu de société basé sur des données réelles. Un travail de fourmi (de deux ans) qui donne le vertige au regard des contenus accumulés, tout y passe : âge moyen des habitants, consommation d’eau moyenne par habitant, dates de construction des infrastructures, nombre d’automobiles par habitant, etc. “Tous les scénarii sont différents mais calqués sur la réalité”, assure l’ingénieur de formation à l’origine du jeu.

Au départ, “Quartiers d’Agora” servait surtout de support pilote à Alban et Julie pour transmettre des bonnes pratiques de développement durable dans des écoles et des entreprises. “On a décidé d’en faire une formule jeu de société parce qu’on nous l’avait souvent demandé”, raconte Alban, diplômé de Polytechnique Montréal en génie chimique et de l’École des Mines de Douai. “J’aime beaucoup les calculs et l’optimisation : derrière le jeu, il y a environ 5 fichiers Excel automatisés qui fonctionnent les uns avec les autres !”, confie le scientifique qui tenait à ce que chaque nouveau scénario s’intègre parfaitement avec les autres.

Le Havre et Lyon aussi

“On a eu la chance d’avoir beaucoup de Français.es dans notre équipe à plusieurs reprises, leur présence nous a permis d’introduire des villes françaises dans le jeu, comme Le Havre et Lyon”, raconte Alban avant d’ajouter que les problématiques des deux villes françaises sont très différentes de celles du Québec, d’où l’intérêt de s’y attarder. “Au Havre, il y a des éoliennes offshore et une centrale à charbon en plein milieu de la ville : on n’a pas ça au Québec ! Mais on voulait vraiment avoir un scénario qui représente cette réalité là”.

Développement durable oblige, Alban et Julie ont décidé de faire affaire avec quatre fournisseurs différents qu’ils connaissent personnellement pour une meilleure “traçabilité” des matériaux de fabrication. “On récupère du textile qu’on fait sérigraphier sur St-Hubert, on fait coudre par un organisme d’insertion sociale, on récupère du bois de merisier russe, etc. Mais on fait l’assemblage nous-mêmes !”
Ils ont également fait appel à de nombreux partenaires locaux (tels que Bixi, Communauto, Equiterre, Neoshop, entre autres) pour rédiger les 262 questions quiz.

Une fois le jeu entre vos mains, prévoyez 40 minutes pour une partie (de 2 à 7 joueurs). “Ça peut aussi durer 2h30 si on décide de discuter de chaque bloc : pourquoi placer un commerce à côté de l’habitation? Pourquoi mettre un panneau solaire ici ou là? Est-ce que je dois mettre un parc à côté de mon école?”. Libre à chacun de se poser les bonnes questions. “On peut jouer en s’informant ou juste jouer pour le fun. Le jeu de société a de nombreux atouts”, prévient Alban qui, pour sa part, se souvient avoir appris la carte des États-Unis grâce au jeu “Les Aventuriers du Rail”.

En pré-vente sur Ulule (car la plateforme est implantée en France et au Québec) jusqu’au 4 juillet, la version en bois est vendue 140$ taxes et livraison incluses au Québec contre 70$ (taxes et livraison incluses au Québec) pour la version standard.

Et après ? Le duo réfléchit déjà à des extensions du jeu pour s’adapter à toutes les urbanités. “On va développer notre site internet avec plus de contenus pour que les gens puissent finir par créer leur propre scénario… avec leur code postal.” À suivre.