Au Parisien Sandwicherie, on mange un “grec” comme à Paris

Abdenour (à gauche) et Bob, le "chef d'orchestre" de la cuisine de l'établissement / Crédit : Daisy Le Corre

Avant d’être l’heureux propriétaire du Parisien Sandwicherie au 215 rue Sainte-Catherine E, Abdenour Hassaine, 28 ans, est d’abord un inconditionnel du PSG : son logo le trahit. Mais pas besoin d’aimer le foot pour savourer ses kebabs qui portent chacun un nom de quartier de Paris. On a testé pour vous (on vous recommande Le Belleville).

“À Paris, j’ai grandi dans la culture du kebab, ça faisait partie de mon quotidien. Il y en avait à chaque coin de rue, ce n’est pas comme ici ! Quand j’étais étudiant à Montréal, je cherchais désespérément où aller manger mon grec le midi”, se souvient Abdenour, diplômé de l’université McGill en finances et d’une maîtrise en gestion des opérations à HEC Montréal.

Située à proximité du CHUM mais surtout de l’UQAM, son établissement propose des tarifs adaptés à la population étudiante en offrant les sandwichs les moins chers possibles. “Le trio le plus cher avec taxes incluses ne dépasse pas les 13$ ! On connaît la réalité étudiante, surtout quand on est étudiant étranger : tout est cher, à commencer par les frais de scolarité”, raconte le restaurateur parisien qui est passé par là. “Je dis souvent à mes clients qu’avec nos sandwichs, on leur offre un voyage à Paris pour moins de 15$ ! (rires)”.

Autre bon plan de la maison : la diffusion des matchs de foot, “comme tout kebab qui se respecte” d’après le propriétaire. “On retransmet tous les matchs et, si possible, on essaie de montrer le PSG en priorité ! Mais on suit la démocratie, parfois on fait des votes avec les clients pour savoir qui veut voir quoi. La majorité l’emporte toujours (rires)”.

Ouverte depuis maintenant 3 ans, la sandwicherie parisienne n’a pas mis longtemps à se faire un nom, d’autant que Montréal est souvent décrite comme un petit village où tout se sait. Le pouvoir du bouche-à-oreille n’y faiblit pas. “Ma clientèle québécoise vient par référencement maintenant. Souvent, ce sont leurs amis français qui leur ont dire de venir tester nos sandwichs”, raconte Abdenour qui régale aussi beaucoup de touristes américains. “Parfois c’est ici qu’ils goûtent la sauce algérienne pour la première fois de leur vie ! C’est intéressant de voir leur réaction”, lance le supporter du PSG, ravi de faire découvrir une partie de sa culture à l’Amérique.

Son sandwich préféré ? Le Saint-Michel. “À l’intérieur, il y a du filet de veau comme on le prépare dans les kebabs français, du fromage, de la salade, des tomates et des oignons. Le tout servi dans du pain frais traditionnel grec fait par un boulanger de Montréal qui a déjà travaillé en France. Les viandes et les épices aussi viennent d’ici et rien n’est surgelé, j’y tiens beaucoup”, raconte Abdenour, fier de pouvoir dire qu’il n’utilise que des produits locaux en faisant appel à des fournisseurs montréalais. “Il n’y a que les recettes qui viennent de France !”. D’ici peu, il prévoit d’étoffer sa carte et d’ajouter une partie sucrée en proposant notamment des tiramisus.

S’il rêve de pouvoir ouvrir un restaurant à New-York, le gérant français garde la tête sur les épaules. “On commence par se développer à Montréal, ensuite on verra peut-être pour aller à l’extérieur du Québec voire du Canada, dans un autre temps”, confie Abdenour, serein.