Certaines Françaises ne peuvent pas donner leur lait au Canada

Étiquetage d’une bouteille de lait maternel / Crédit : Héma-Québec

Au Canada, les donneuses de lait maternel sont sélectionnées selon des critères bien établis au même titre que les donneurs de sang. Certaines Françaises découvrent alors, à leurs dépends, qu’elles ne peuvent donner ni leur lait ni leur sang. Raison invoquée ? La Maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ) quand bien même l’information n’apparaît nulle part sur le site.

On en avait déjà parlé ici, si vous avez séjourné en France entre 1980 et 1996, vous ne pouvez pas donner votre sang au Canada. Il en va de même pour les dons de lait maternel. “Comme pour le don de sang, certains séjours à l’étranger entraînent l’interdiction temporaire ou définitive au don de lait maternel. Le critère en lien avec la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ) s’applique pour le don de lait maternel”, nous a confié Vanessa Jourdain, relationniste de presse à Héma-Québec, avant d’ajouter que “pour pouvoir donner, les mères doivent notamment être en santé, être non-fumeuses, allaiter leur bébé et avoir un surplus de lait.”

Autrement dit, vous serez exclue du don de lait maternel de façon permanente si :

-vous avez séjourné cumulativement trois mois et plus en France entre le 1er janvier 1980 et le 31 décembre 1996 inclusivement;
-vous avez reçu une transfusion sanguine (sang, globules rouges, plaquettes ou plasma) en France, au Royaume-Uni ou dans un autre pays d’Europe de l’Ouest depuis le 1er janvier 1980.

Encore une fois, Vanessa Jourdain a tenu a rappelé que ce ne sont pas spécifiquement les Françaises qui sont exclues du don de lait maternel mais bien toutes les personnes, peu importe leur nationalité, qui auraient séjourné en France aux dates mentionnées.

En revanche, à la différence des dons du sang, il n’existe pas de données au sujet du nombre de donneuses refusées chaque année en raison du critère sur la variante de la maladie de Creutzfeld-Jakob (vMCJ).

Recherche constante de dons

“Notre organisme n’a pas de position sur cette règle de Héma Québec. Nous pensons cependant qu’il est essentiel que le lait fourni aux bébés déjà fragilisés par une naissance prématurée soit de la meilleure qualité possible si le lait de la mère biologique n’est pas disponible”, nous a simplement indiqué le Bureau de la Ligue La Leche.

Si vous faites partie des heureuses élues aptes à donner leur lait maternel et que vous habitez dans une municipalité de la Communauté métropolitaine de Montréal (en plus de Saint-Jérôme ou Saint-Jean-sur-Richelieu) ou de la Communauté métropolitaine de Québec (en plus de Laurier-Station, Saint-Basile, Saint-Apollinaire, Neuville, Pont-Rouge ou  Donnacona), sachez qu’il est possible de donner votre lait dans les 12 mois suivant votre accouchement. “Si la mère accouche dans l’un des centres partenaires suivants, elle peut s’inscrire à la Banque publique de lait maternel lors de sa grossesse (…)”, a précisé Vanessa Jourdain.

Rappelons qu’Héma-Québec gère la seule banque publique de lait maternel au Québec et que l’organisme est constamment en recherche de dons. Son mandat ? Fournir du lait humain pasteurisé aux prématurés de 32 semaines et moins, qui nécessitent des soins médicaux et dont la mère n’est pas en mesure d’allaiter. “La majorité des mères qui accouchent prématurément ont de la difficulté à maintenir une production de lait suffisante pour leur enfant. Il arrive que la mère soit malade ou sous médication, ce qui l’empêche d’allaiter”, a expliqué Vanessa Jourdain.

À noter enfin qu’un congrès sur l’allaitement organisé par la Ligue La Leche se tiendra le 16 juin 2018 au Collège Jean-de-Brébeuf à Montréal.