Nelinelo : “On aide les commerçants à se transformer numériquement”

“New life, new love” : tel est l’acronyme de Nelinelo, une application pour développer l’économie locale à Montréal. Derrière le projet, il y a Kévin Pérard, un Français de 26 ans, ingénieur logiciel diplômé de Polytechnique Montréal. À ses côtés, on retrouve Aurélie Saiz, 30 ans, diplômée en marketing et originaire de Montpellier. À eux deux, ils n’ont qu’une idée en tête : faire (re)vivre le commerce local. Un défi de taille, le retail.

Aussi improbable que cela puisse paraître, l’histoire de Nelinelo a commencé à la Foire aux livres organisée par Polytechnique Montréal. “Kévin avait fait la queue pendant deux heures pour tenter d’acheter ses bouquins et au final, il n’a rien eu. À l’époque, il avait trouvé ça dommage qu’aucune plateforme d’échanges de livres entre étudiants ne soit mise en place (…). C’est de là qu’est parti le projet (…)”, rapporte Aurélie qui travaille maintenant à distance avec Kévin, parti en Thaïlande pour quelques mois, en quête de développeurs web.

“Quand on s’est rencontrés, on a mélangé mon expertise marketing et son expertise technique et ça a été une révélation pour lancer Nelinelo. À la base, on voulait juste lancer un Kijiji amélioré”, confie celle qui a découvert la première version de l’application créée par Kévin via un groupe Facebook réservé aux PVTistes. “On s’est vite rendus compte que concurrencer Kijiji, c’était ultra compliqué. Alors on a réorienté notre projet vers un market place local. On a gardé la partie seconde main mais on ressemble davantage à un Amazon local”, lance Aurélie avant de souligner que Nelinelo offre plus de flexibilité et d’avantages qu’Amazon. “Chaque commerçant gère sa propre boutique en ligne mais aussi ses conditions de ventes et de livraison. À la différence d’Amazon, sur Nelinelo, ils n’ont pas besoin de se conformer à certaines conditions de vente.”

Leur cible ? Les commerçants, c’est à dire les boutiques locales et les marques émergentes. “On se focalise sur Montréal pour l’instant mais notre modèle d’affaires est applicable n’importe où. Là où il y aura de l’offre, il y aura de la demande”, assure Aurélie qui précise que le modèle économique de Nelinelo repose sur les abonnements mensuels des entreprises prêtes à payer pour lancer leur boutique en ligne.

“En 2014, le commerce de détail, c’était 5.9% du PIB du Québec. C’est une industrie qui permet de faire vivre les autres, tout est corrélé”, explique la spécialiste marketing dont l’application permet aux utilisateurs d’accéder directement aux réseaux sociaux des boutiques. “On sait que les 3/4 des gens regardent les sites ou les réseaux sociaux des commerçants avant d’acheter en boutique ou en ligne. (…) Si les commerces de détail n’optent pas pour une transition numérique, ce sera difficile pour eux de résister”, explique Aurélie qui incitent les commerçants à opter pour une présence omnicanal.

“Si tu as une boutique pignon sur rue, il faut absolument que tu aies aussi une présence digitale. C’est pour cela qu’on aide les commerçants à se transformer numériquement”, raconte Aurélie, consciente de la “peur” que génère parfois le commerce électronique auprès des petits commerçants. “C’est souvent le système de livraison qui les refroidit un peu. C’est pour ça qu’on propose l’option de la cueillette en magasin sur Nelinelo, tout comme un service de livraison tierce (…).”

À terme, Aurélie espère qu’ils auront rempli leur objectif principal : favoriser l’achat local à Montréal. “Une rue sans commerces c’est une rue morte… Sur Laurier Ouest, par exemple, j’ai l’impression qu’un magasin ferme tous les deux mois, c’est fou”, confie la Française qui n’hésite pas à inciter ses proches à acheter local. “Il faut éduquer, il ne faut pas être moralisateur”.

“Parlons Slow Fashion”

Dans le cadre de la Fashion Revolution Week, Nelinelo se joindra à Bon Magasinage (dont on a parlé ici), Fibres Collectives et Station Service pour organiser une soirée “Parlons Slow Fashion” le 26 avril 2018.

L’objectif ? Repenser la mode à l’aide d’un panel de différents acteurs montréalais qui contribuent à une industrie textile “plus transparente et éco-responsable”. Design local, seconde main, panel, concours, stylisme, gourmandises et cocktails seront au rendez-vous… Avis aux amateurs et amatrices.