Du Flocon à la Vague : une Bretonne de Montréal à la barre

Pour Montréal, Solenn Le Goff a quitté les plages rocailleuses de son Brest natal. De l’océan au Saint-Laurent, l’eau a jalonné son parcours. Comme pour nous tous, puisque nous en sommes constitués à 60 %. C’est assez naturellement qu’elle a pris les rennes de l’antenne québécoise de l’association française “Du flocon à la vague”, une métaphore pour recréer le cycle de l’eau.

“Le cœur du projet c’est la sensibilisation des enfants en particulier et de la population en général aux problématiques de l’eau que sont la pollution et la surconsommation”, explique-t-elle. “C’est un sujet qui me touche de très près. J’ai deux enfants et c’est quelque chose que je voudrais leur transmettre : le respect de l’environnement et la consommation responsable. Mon projet ici, à Montréal, est d’abord de constituer une équipe de bénévoles motivés. Sur le moyen/long terme, j’aimerais constituer une équipe d’intervenants pédagogiques, et je serai plutôt à la coordination, la recherche de partenariats et la levée de fonds. Le défi est vraiment ambitieux!”.

Sur une superficie totale de 1 667 712 km, le Québec compte 22 % de son territoire recouvert d’eau. C’est cette ressource rare et précieuse que “Du flocon à la vague” cherche à préserver.

Le Canada est le pays où il y a le plus d’eau disponible par habitant, mais l’un des enjeux cruciaux, c’est sa pollution du fait de toutes les minières qui s’y trouvent. De surcroît, certaines régions commencent à connaître le stress hydrique, comme les régions urbaines de l’Ontario proches de la frontière avec les États-Unis. Là-bas, on consomme plus que ce que les nappes phréatiques peuvent reconstituer.”

S’il est difficile de s’opposer à des phénomènes de si grandes ampleurs, le comportement individuel est une arme importante de lutte contre le gaspillage. C’est aussi pour cela que les formations de l’association ont une force. Solenn donne quelques exemples : “La première chose, et la plus facile à faire, c’est de sauver au maximum l’eau du robinet et les déchets plastiques. Tout comme utiliser des produits biodégradables pour l’entretien ou le lavage. En plus, ils sont meilleurs pour la peau! L’eau virtuelle, qui est l’eau utilisée dans la conception de tous les produits finis ou alimentaires, est aussi un drame.” 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : il faut 3 litres d’eau pour fabriquer 1.5 litres d’eau minérale et 15 000 litres d’eau pour 1 kg de viande bœuf contre quelques centaines de litres pour un kilogramme de céréales. “Il y aussi des fuites dans les canalisations et donc un gaspillage dramatique de cette ressource”, ajoute-t-elle avant de conclure. “L’eau est un bien inélastique, et il n’est pas infini. C’est surtout un bien commun ! Un bien vital !”.