5 BD québécoises à (re)découvrir

Crédit : Isabelle Delorme

Elles nous ont tapé dans l’oeil, intéressés, émus, amusés, fait réfléchir et/ou parfois aidé à mieux comprendre le Québec. Voici notre sélection de cinq BD québecoises à lire et à relire.

La série des Paul de Michel Rabagliati

Paul

Si vous ne deviez choisir qu’une oeuvre pour vous plonger dans les bulles québécoises, ce serait probablement celle-là. On a tous en nous quelque chose de Paul et en même temps, son personnage est très ancré dans la vie québécoise. À la fois montréalais et universel, Paul est tour à tour de manière non chronologique homme, petit garçon ou adolescent.

Dans ce portrait sensible, intimiste et très attachant d’un personnage en construction, Michel Rabagliati traite de sujets sérieux comme la perte d’un être cher ou le désir d’enfant mais il décrit aussi avec beaucoup d’humour et de lucidité certains thèmes de la vie de tous les jours comme le premier amour, la vie de couple ou la crise d’adolescence.

Parmi les albums de la série, que l’on peut lire à sa guise dans le désordre, mention spéciale pour “Paul en appartement”, “Paul à Québec” (qui a obtenu le prix du public au Festival de la bande dessinée d’Angoulême), “Paul à la pêche”, “Paul dans le Nord” et “Paul a un travail d’été”. La série a eu tellement de succès qu’elle a fait l’objet d’un film en 2015. À dévorer pour mieux comprendre le Québec ou le faire découvrir à des proches.

Magasin général de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp

magasingeneral

Ils sont français mais c’est en partageant un atelier à Montréal que ces Québécois d’adoption se sont lancés dans cette aventure littéraire commune. L’auteur montréalais Jimmy Beaulieu leur a également donné un coup de main.

“À tantôt…“, peut-on lire à la fin de chacun des sept premiers tomes de cette série en huit volumes. Elle a pour toile de fond un village du Québec dans les années 1920, mais elle nous parle bien sûr aussi de notre société actuelle et de ses préjugés, notamment.

De l’épicière devenue veuve trop jeune au prêtre qui se découvre petit à petit, les auteurs dépeignent, au fil des saisons et des années, chacun de leurs personnages avec beaucoup de drôlerie, de tendresse et de profondeur.

La série vous permettra de vous plonger dans un Québec plus rural et historique, mais aussi d’élargir votre registre d’expressions québécoises savoureuses, à commencer par l’irrésistible “les ti-culs” (les enfants).

Nous avons adoré cette série qui se lit comme une saga, de manière chronologique.

Chroniques de Jérusalem et autres albums de Guy Delisle

chroniques jerusalem

Guy Delisle est l’auteur québécois le plus français de cette sélection puisqu’il habite Montpellier depuis plusieurs années. Mais c’est aussi probablement le plus international des auteurs de bande dessinée mentionnés dans cet article.

La plupart de ses albums comportent une part autobiographique puisqu’ils ont été inspirés par ses expériences de vie à l’étranger. Parmi les ouvrages les plus connus : Shenzhen, Pyongyang, Chroniques birmanes, et Chroniques de Jérusalem (prix du meilleur album à Angoulême). Dans son dernier livre, S’enfuir, récit d’un otage, l’auteur rompt avec son habitude de se mettre en scène pour raconter l’enfermement de Christophe André, membre de Médecins sans Frontières kidnappé dans le Caucase en 1997.

Nous avons aimé tous les albums pré-cités de Guy Delisle. S’il fallait en choisir un, notre coeur pencherait pour les Chroniques de Jérusalem, dans lequel le narrateur raconte son quotidien d’expatrié à Jérusalem, entre les communautés israéliennes et palestiniennes. Une chronique culturelle, politique et sociologique passionnante, sans jugements ni clichés. Un bijou d’intelligence, d’observation et de tolérance au sein d’un environnement complexe.

Mile End de Michel Hellman

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C’est sans doute l’album le plus léger de notre sélection, et l’un des plus montréalais. Le personnage principal s’installe dans le Mile End dans des conditions plutôt bohème et raconte sa vie entre son travail de création et ses colocs.

On y retrouve l’âme et le charme de ce qu’est progressivement devenu le Mile End multiculturel, joliment croqué par l’auteur. Les amoureux du Mile End reconnaîtront probablement (voire même se retrouveront dans) les personnages du quartier décrits avec beaucoup d’humour sous forme de jeu, page 114. On y retrouve notamment “la Française de France”, “le stagiaire en programmation”, “le touriste”, “le graffiteur” et “le dealer”.

Une longue canicule d’Anne Villeneuve

canicule

Bien connue des rayons de librairies pour la jeunesse, Anne Villeneuve est une nouvelle venue parmi les nombreuses auteures québécoises de bande dessinée. Sous sa jolie couverture en aquarelle, ce premier album met en scène Marie-Hélène, une jeune femme qui quitte les Iles-de-la-Madeleine pour s’installer à Montréal.

De très beaux dessins illustrent la découverte de la ville, le choc culturel vécu par Marie-Hélène, ses rencontres et les démons de son passé qu’elle doit affronter. Un parcours initiatique touchant dans un Montréal caniculaire, à découvrir en attendant l’arrivée de l’été.


Pour vous procurer l’un ou l’autre de ces albums et/ou poursuivre votre découverte de la BD québecoise à Montréal, nous vous recommandons en particulier Planète BD et Débédé rue Saint Denis, ou, pour une plus petite sélection, Drawn & Quaterly rue Bernard Ouest.