Ophélie Véron: “Il demeure plus simple d’être végane au Québec qu’en France”

Crédit: Thomas Graindorge / Femininbio

Si vous êtes végane, vous êtes sûrement déjà abonné à son blogue Antigone XXI et vous avez dû dévorer ou savourer certains de ses ouvrages. Si vous n’êtes pas végane, c’est le moment de faire connaissance avec Ophélie Véron: une chercheuse en sciences sociales française qui milite pour les droits des animaux, elle-même végane depuis 2011. Dès le 4 novembre, elle sera en tournée au Québec pour le lancement de son dernier essai Planète Végane : penser, manger et agir autrement.

C’est le livre que j’aurais aimé avoir avant de devenir végane et que j’aurais aimé avoir toujours sous la main depuis, confie la jeune femme dont le dernier ouvrage traite de véganisme entendu comme un engagement éthique, politique et social. Derrière le livre, l’objectif reste le même: abolir l’exploitation animale tout en proposant des alternatives à celle-ci.

D’après Ophélie Véron, son essai s’adresse autant à celles et ceux qui sont déjà véganes et qui souhaitent approfondir leurs connaissances qu’aux personnes qui cherchent à devenir véganes. “Je suis d’abord devenue végétarienne en Angleterre et ça m’a aidée de ne pas être alors en France, je crois! En Angleterre, j’ai trouvé beaucoup d’alternatives végétariennes ou véganes et des pratiques d’alimentation différentes qui ont entrainé des réflexions chez moi”, se souvient la chercheuse selon qui la France a encore beaucoup à apprendre de certains pays précurseurs en matière de véganisme. Et notamment du Canada.

“Même si tout évolue beaucoup en ce moment en France, il demeure plus simple d’être végane au Québec qu’en France. Le mouvement animaliste français est peut-être plus politisé, mais il devrait penser davantage “convergence des luttes”, à l’image du mouvement québécois”, constate Ophélie Véron qui considère qu’au Québec le mouvement végane est plus inclusif. “Il va beaucoup plus s’interroger sur les oppressions envers d’autres catégories de populations que celle des animaux et va moins verser dans des analogies controversées. Le mouvement a l’air plus informé, tout simplement.”

C’est d’ailleurs en s’appuyant sur des confrères et consoeurs canadiens qu’Ophélie Véron a développé certaines notions détaillées dans son nouveau livre. Dans un chapitre consacré à l’éthique animale, elle cite par exemple plusieurs fois Elise Desaulniers (dont on avait déjà parlé ici) lorsqu’elle décrit sa position intersectionnelle liée à l’éco-féminisme. Elle n’a pas hésité non plus à demander à Martin Gibert de rédiger un encadré sur la dissonance cognitive et le paradoxe de la viande mais également à se référer au blogue tenu par Frédéric Côté Boudreau, doctorant en philosophie.

Sa présence au Festival végane de Montréal n’est donc pas une surprise! Elle donnera une conférence intitulée “Défendre les animaux: état des lieux et réflexions stratégiques” ce samedi 4 novembre à 16h. “J’ai hâte d’y être d’autant que je vais beaucoup parler des enjeux stratégiques du mouvement végane et que c’est mon thème de recherche!”, lance Ophélie Véron, également chercheuse post-doctorale à l’Université Catholique de Louvain. Elle sera aussi à la Librairie Zone Libre le 7 novembre à 17h30 pour le lancement officiel de son dernier ouvrage.

Elle sera ensuite à l’Université de Montréal (15 novembre) et à l’UQAM (16 novembre) pour la conférence intitulée “Anarchisme, féminisme et véganisme : quand les luttes convergent”.

>> Toutes les dates et horaires de sa tournée québécoise sont ici.