Pourquoi est-ce qu’il y a des écureuils à Montréal?

Crédit photo : Jardin botanique de Montréal (Gilles Murray)

À Montréal, on reconnait les Français à leur accent, parfois à leur look mais aussi souvent à leur fascination à l’égard des… écureuils. Comme vous, en débarquant sur la grande île, on a couru après ces petites boules de poils (dans le Parc Laurier ou Lafontaine) en quête du cliché parfait. Et puis, on s’est posé la question: au fait, pourquoi est-ce qu’il y a des écureuils à Montréal? C’est notre question bête de la semaine.

“Ils sont originaires d’Europe! C’est d’ailleurs très drôle car les touristes européens sont fascinés par la présence de cet animal en ville alors que la population source est chez eux!”, lance d’emblée Alexandre Beaudouin, conseiller en biodiversité à l’Université de Montréal qui nous met au défi de trouver un.e étudiant.e ou un.e PVTiste qui n’a pas une photo d’écureuil dans ses archives…

Même son de cloche du côté du Biodôme de Montréal où l’animateur et biologiste, Alan Mc Lean, nous précise que “ces écureuils gris d’Amérique ont été libérés en Europe il y a environ 100 ans et qu’ils sont maintenant considérés comme une espèce envahissante, particulièrement pour les écureuils indigènes”, précise l’expert avant d’ajouter qu’à Montréal, les mauvaises langues les qualifient même de “rats ayant de belles queues”.

Mais alors comment les écureuils gris qui squattent les parcs (et nos galeries photos) ont-ils fait pour s’acclimater à une ville comme Montréal? “Les écureuils gris sont des rongeurs qui s’épanouissent bien en milieu urbain car ils y trouvent les arbres (tels des chênes) qui produisent la base de leur alimentation, à savoir les fruits durs”, explique Emiko Wong, vétérinaire au Biodôme de Montréal.

Alan Mc Lean ajoute aussi qu’un écureuil est un animal omnivore qui se nourrit de glands, de noisettes, de marrons, de baies et autres fruits, de sève d’érable (il lèche les blessures sur les arbres), d’écorces, de fleurs, de bourgeons, de faines de hêtre, de samares d’érable, d’œufs, d’oisillons et de divers insectes.

À cela s’ajoute le fait qu’à Montréal, l’écureuil a particulièrement su tirer avantage du milieu et qu’il s’est développé sans rencontrer trop de prédation. “La population est soutenue par les activités citadines, il suffit de penser à son alimentation artificielle comme la nourriture apportée par les touristes et “autres amis de la nature” comme nos fameuses poubelles sans couvercle se transformant en mangeoires, ou encore nos jardins domestiques”, précise encore Alexandre Beaudouin.

Et puis, comme l’expliquent très bien plusieurs ouvrages de biologie recommandés par Emiko Wong, l’écureuil gris est également présent dans presque toute la moitié est des États-Unis, de la Floride jusqu’aux Grands Lacs. Il a aussi été introduit en Angleterre et en Écosse. Au Canada, il est présent au sud du Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et au sud de l’Ontario et du Manitoba. Au Québec, l’espèce est aperçue sporadiquement, surtout dans les centres urbains comme Hull, Gatineau, Montréal, Trois-Rivières et Québec.

Et l’hiver, ils font comment? L’écureuil gris niche dans les arbres, l’espèce recherche particulièrement le hêtre, le chêne, le caryer et le noyer: le couvert arborescent lui offre une protection contre les prédateurs. Côté fourrure, celle de l’écureuil gris de l’Est (celui présent dans la grande région de Montréal) peut être de 2 couleurs : grise ou noire. Comme l’explique Alan Mc Lean, en hiver, “la fourrure de l’écureuil est plus épaisse et ses poils plus longs. Sa queue lui sert aussi de couverture et le protège du froid.”

Enfin, sachez que les sciuridés (famille à laquelle les écureuils appartiennent) sont présents presque partout sur la planète sauf à Madagascar, en Nouvelle-Guinée, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Antarctique.