Comment (se faire) draguer au Québec?

© Anna Chana Demidova

Au Québec et ailleurs, en matière de couple et de drague, les clichés sur les Français.es vont bon train. On entend parfois dire qu’ils sont “lourds”, volages, machistes ou alors trop romantiques. Les Françaises, quant à elles, seraient “faciles”, prêtes à sauter sur tout ce qui bouge ou à l’inverse, inaccessibles. Voici donc quelques conseils pour tirer profit de sa nationalité confrontée à celle de ses futur.es (ex) amant.es.

“Lorsqu’un Français rencontre une Québécoise pour la première fois, il doit absolument éviter de rentrer dans sa bulle et arrêter d’insister pour lui offrir quelque chose à boire dans un bar ou pour payer la facture au restaurant,” prévient d’office Régine Coicou, auteure, conférencière et coach qui a donné une conférence intitulée “La drague au Québec” lors du dernier Salon de l’immigration et de l’intégration de Montréal. “Et une Française doit éviter de rester à attendre que ce soit forcément l’homme qui fasse le premier pas!” Voilà qui est dit: mesdames, prenez les devants avant qu’une Québécoise vous coupe l’herbe sous le pied rendant votre accent (atout-charme?) dérisoire.

Au Québec, pour bien “cruiser” (draguer), un Français doit impérativement comprendre qu’il aura plus de chance de séduire une Québécoise s’il lui laisse de l’espace, s’il accepte qu’elle soit indépendante et qu’elle paie sa part à chaque fois qu’ils sortent. Bref, lâchez-lui la grappe. “Mais il ne faut pas généraliser: la meilleure chose à faire est encore de lui demander de quelle manière elle souhaiterait procéder pour se sentir plus à l’aise”, confie la coach avant de préciser qu’une Française ne devrait pas non plus craindre d’être rejetée si elle fait des avances à un Québécois. Au contraire. “Ici c’est monnaie courante! Et la femme a autant de liberté que l’homme en ce qui a trait à faire le premier pas pour exprimer son intérêt.”

Si les Québécois sont connus pour être beaucoup plus ouverts et chaleureux dans leurs rapports avec les gens en général, ils le sont aussi dans les situations de flirt en particulier. “Les Canadiens de culture anglophone, quant à eux, sont plus réservés quand il s’agit de séduire”, nuance Régine Coicou.  

Niveau drague, il y a donc un monde (océan) entre les Français.es et les Canadiens, quand bien même les rapports hommes/femmes entre la France et le Canada ne semblent pas si différents que cela. “De nos jours, les jeunes couples en Europe comme en Amérique du Nord ont tendance à rechercher le plus possible l’égalité à l’intérieur de la relation. Sauf qu’au Québec, l’union libre est une pratique beaucoup plus courante qu’ailleurs.” L’union libre? Vivre ensemble sans être marié.es. Cette particularité québécoise est évidemment à ne pas confondre avec le “couple libre” qui, lui, permet de papillonner à gauche à droite en toute liberté avec le consentement de sa moitié.

À savoir si les couples franco-québécois-canadiens forment des mariages “parfaits”, la question reste entière. Tous les couples, s’ils arrivent à trouver la balance entre leurs différences culturelles et les autres éléments essentiels à leur épanouissement, ont des chances de former des mariages parfaits”, lance Régine Coicou.

Entre homos, comment ça se passe? D’après Carèle Belanger, à l’origine du Mouvement Je suis Moi qui a également écrit un livre pour aider les personnes de la communauté LGBT à faire leur coming out, “c’est un mythe que de dire que la drague entre homos et hétéros au Québec est différente.” En revanche, d’après l’experte, la communauté possède tout de même sa petite particularité provinciale qui peut surprendre certain.es Français.es non averti.es. “Draguer le conjoint ou la conjointe d’une autre personne devant celle-ci ou celui-ci est une pratique assez courante dans la communauté LGBT québécoise. Ce qui, à mon sens, n’est vraiment pas une bonne idée…”, raconte Carèle avant d’ajouter aussi que de nombreux couples de la communauté LGBT sont multi-culturels grâce à leur ouverture d’esprit.

Enfin, quand on pense avoir trouvé le “match” parfait, à quoi faut-il s’attendre une fois le cap du “plus si affinités” franchi? “Entre Français et Québécois, la sexualité est sensiblement vue et vécue de la même manière”, relate Régine Coicou qui note qu’une différence peut davantage être ressentie avec les cultures antillaises, sud-américaines et celles de certains pays de l’Europe de l’Est. “Les cultures antillaises et sud américaines étant plus traditionnelles contrairement aux cultures nord-américaines et européennes connues pour être plus libérées.”