La réforme du PEQ contestée

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Le Québec a une nouvelle ministre de l’immigration depuis le 22 juin -Nadine Girault a succédé à Simon Jolin-Barrette- mais la contestation contre le projet de réforme du PEQ (Programme de l’expérience québécoise) ne faiblit pas. Depuis plusieurs semaines, chaque samedi, étudiants et travailleurs étrangers manifestent contre les changements prévus de ce programme qui permet depuis 2010 aux étudiants étrangers diplômés au Québec -et à certains salariés étrangers- d’accéder à la résidence permanente.

Conçu par Simon Jolin-Barrette (passé au ministère de la justice lors du remaniement du 22 juin), le projet de réforme du PEQ consiste à réclamer un à deux ans d’expérience de travail aux étudiants internationaux avant qu’ils puissent candidater au PEQ, afin d’obtenir la résidence permanente (RP). L’objectif était de favoriser un autre programme (PRTQ, programme régulier des travailleurs qualifiés), qui permet d’arriver plus rapidement à la résidence permanente. Mais les opposants ne l’entendent pas de cette oreille: ils dénoncent l’injustice de la réforme, et surtout son caractère rétroactif.

« Il y a des gens qui sont venus ici, ils ont eu leur permis, ils s’attendaient à faire leur demande de CSQ après leur étude, explique ainsi Nadia Barrou, avocate spécialisée en immigration. J’ai des clients qui ont vendu leur maison, démissionné de leur travail et qui viennent ici en famille parce que leur seule façon d’immigrer c’est de faire, en 18 mois, un diplôme d’études professionnelles (DEP), pour passer à la résidence permanente. Au final, on leur dit qu’il faut travailler 2 ans de plus, ce n’est pas correct ! »

Des conséquences qui risquent de faire fuir du Québec

« Près de 15 000 français, étudiants et travailleurs confondus ne viendraient pas sur le territoire si cette réforme passe,» estime Nadia Barrou. L’avocate spécialisée en immigration suppose que tous les immigrants ne voulant pas augmenter leur temps de travail avant d’obtenir la résidence permanente s’orienteront tout simplement hors Québec. « Quelqu’un ayant travaillé une année avec son PVT au Québec, dans un emploi qualifié, ne voudra pas rajouter deux ans de plus, donc il pensera à faire le programme de l’expérience canadienne, et non de l’expérience québécoise. »

La réforme doit toujours entrer en vigueur dans les prochains jours mais la nouvelle ministre, appelée par les manifestants à modifier le projet, a fait savoir qu’elle étudiait le dossier de près. A suivre donc.