Etudiants français au Québec: le spectre d’une année perdue

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Le Canada est la première destination étrangère des étudiants français. Chaque année, environ 15,000 d’entre eux traversent l’Atlantique pour étudier. Mais cette année, nombre de ceux qui espéraient vivre cette expérience sont dans l’expectative.

Les universités montréalaises ont annoncé que la majorité des cours seraient en ligne pour le premier semestre de la prochaine année universitaire, même si certaines comme Polytechnique Montreal dispenseront certains cours en “présentiel”.

Directeur du service aux étudiants à Polytechnique Montréal, Éric Doré, confie que « les courts séjours sont ceux qui nous causent le plus de “casse-tête“ ». D’ordinaire, les étudiants n’ont pas besoin de titre de séjour spécifique s’ils restent moins de six mois. Le problème est qu’actuellement, « les étudiants qui viendraient en court séjour ne sont pas autorisés à entrer sur le territoire jusqu’à nouvel ordre.

Un programme en construction

Les projets d’échanges à l’étranger sont encore flous pour toutes les universités, c’est pourquoi certaines d’entre elles mettent à disposition des séances d’informations hebdomadaire en ligne. C’est le cas pour l’Université de Montréal (UDEM) qui, jusqu’à la fin du mois de juin, fera le point sur les mesures prises pour accompagner les étudiantes et étudiants internationaux, admis au prochain semestre.

Certains établissements universitaires comme HEC Montréal ont déjà établi pour leur part un programme à distance concret « “À distance“, ne veut pas dire automatiquement “en ligne“, c’est à dire qu’il y aura des travaux synchrones, des travaux d’équipe, mais aussi énormément d’activités prévues pour la motivation des étudiants » explique Agnès Darmaillacq, directrice du service des activités internationales et de la mobilité étudiante à HEC Montréal. Tous les étudiants étrangers auront la possibilité d’étudier de leurs pays de résidence actuel. L’université s’est adaptée pour tenir en compte du décalage horaire de chaque pays. « Les cours seront majoritairement donnés en matinée pour permettre aux étudiants de pouvoir les suivre à des horaires convenables» annonce Agnès Darmaillacq.

La suspension ou la suppression des échanges pour la rentrée ?

« Pour les courts séjours, on est actuellement en questionnement, pour l’instant, on maintient nos échanges entrant et sortant, mais on est dans une grosse réflexion de savoir si on ne devrait pas les suspendre» annonce Éric Doré. Sur une période incertaine comme celle-ci, impossible de promettre quoique ce soit à ces étudiants « On leur demande de ne pas s’engager en terme de frais importants comme le billet d’avion ou encore payer la caution d’un appartement sans l’avoir visité, ça ne serait pas très prudent» ajoute le directeur du service étudiant de Polytechnique Montréal.

De son côté, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a décidé que tous les séjours d’étudiants québécois à l’étranger demeureraient suspendus jusqu’à nouvel ordre. « Tous les étudiants de l’UQAM qui prévoyaient de partir en échange au trimestre d’automne prochain ne seront pas autorisés à le faire» précise Jenny Desrochers, porte-parole de l’UQAM. Pour les étudiants étrangers venant au Québec, la majorité des cours se dérouleront comme toutes autres universités : en ligne et à distance.

Une situation particulière qui risque de perturber les habitudes de certains étudiants. « Je suis quelqu’un qui n’hésite pas à aller échanger avec un professeur si j’ai besoin de renseignements, mais à distance, ce genre d’interactions me semble plus difficile » témoigne Paul Wegiel, futur étudiant en échange à Polytechnique Montréal. Mais c’est aussi la sociabilité qui part en fumée. « Les contacts avec les autres étudiants seront inexistants, pour tout dire, c’est aussi un petit coup pour le moral quand on ne connaît personne dans un nouveau pays », conclut le jeune homme.