“Ma priorité c’est de valider mon semestre”: les étudiants français de Montreal face à la crise

Photo : Charlotte Jeannenot

Les universités de Montréal étant toutes fermées jusqu’au 1er mai à cause du covid-19, les étudiants français sont pour la plupart rentrés au pays. Sans vraiment savoir à quelle sauce ils seraient mangés…

« Ma priorité c’est de valider mon semestre. Je me suis dit “si je rentre, est-ce que je vais pouvoir faire mes examens en ligne de Paris ?” » explique Charlotte Jeannenot étudiante en master 1 à l’UQAM. Les universités de Montréal ont d’abord suspendu leurs cours pour deux semaines seulement, laissant beaucoup d’étudiants dans l’incertitude. “Ils ont mis en place des conférences en lignes pour pouvoir faire circuler les informations mais ils ne savaient pas grand-chose“, confie Thaïs Esteves, étudiante en 3ème année de gestion à l’UQAM.

Tenus informés par mail et via le portail étudiant, ils sont longtemps restés dans le flou avant de savoir si des cours en ligne allaient être mis en place, si les examens finaux allaient avoir lieu et surtout s’il était plus judicieux de rentrer en France ou non. « Pour les cours en ligne obligatoires, l’université nous a informés que les professeurs allaient donner leurs modalités mais 9 jours après, on ne sait toujours pas quand ils vont débuter, ou même si on a des travaux à rendre» raconte Thaïs.

Le jeudi 26 mars l’UQAM a finalement publié les nouvelles modalités: « les cours reprendront le 28 mars 2020, en ligne, ils se poursuivront jusqu’à la date initialement prévue ».  La notation sera par ailleurs adaptée, pour prendre en compte les cours qui ne pourront pas être menés à terme. Il sera aussi possible d’abandonner les activités auxquelles ils étaient inscrits au trimestre actuel sans mention d’échec… pour voir les autres modalités, cliquez ici.

Pour l’université Mc Gill, la plus récente directive du gouvernement du Québec indique que les étudiants n’auront pas besoin d’être présents sur le campus pour le reste de la session d’hiver 2020. « Pour soutenir nos étudiants dans leur apprentissage à distance, le Centre d’enseignement supérieur a mis en ligne diverses ressources qui les aideront à maintenir le cap en cette période difficile » précise Katherine Gombay, porte-parole de l’université.

La question du sort des examens finaux reste entière dans la plupart des universités. A Mc Gill, « nous explorons des alternatives telles que les examens en ligne. Nous sommes conscients que cela ne fonctionnera pas pour certains cours et programmes, et pour certains étudiant(e)s, et nous évaluons donc des alternatives pour ces situations » explique Katherine Gombay.

Après une semaine d’enseignement à distance réussie, l’Université de Montréal (l’UdeM) a mis en place un assouplissement pédagogique pour les étudiants en difficultés scolaire, en raison de la situation actuelle. Les élèves auront la possibilité de retenir le barème de notation de leur choix : sois conserver le barème initial ou bien opter pour un barème de notation « succès/échec ». Comme il est expliqué sur le site de l’UdeM « Dans ce dernier cas, le relevé de notes officiel affichera la mention (S) pour succès ou (E) pour échec et, comme il n’y aura pas de notes au relevé, le cours, bien entendu, ne sera pas contributoire à la moyenne. ». Au sujet de l’interruption des études, l’université autorise ses étudiants à prolonger leur scolarité au-delà de la limite permise, si leur parcours est trop perturbé.

Pour les étudiant.e.s français.e.s contraint.e.s au retour précipité, la confusion s’ajoute à aux interrogations sur les prochaines années. « On doit faire des demandes pour les masters et comme on est un peu dans le flou au vu de la validation de la licence, ça devient vraiment complexe. On est dans l’attente, » indique Thaïs Esteves.

De son côté, Charlotte Jeannenot s’est sentie rassurée d’apprendre que les cours reprenaient. « J’ai dû faire mes valises du jour au lendemain. Je devais faire quatre mois d’échange et finalement, j’en ai fait que deux et demi mais je me dis que je suis peut-être mieux en France, je n’avais pas envie d’être bloquée de l’autre côté de l’Atlantique. »