Huit façons d’approcher la réalité autochtone pour un Français

Un capteur de rêves, dans le ciel de Wendake. Crédit : Agathe Beaudouin.

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Une décennie internationale pour les langues autochtones

Fin 2019, l’Organisation des Nations unies (ONU) a annoncé le lancement d'une décennie internationale des langues autochtones dès 2022 et jusqu'en 2032. Pour célébrer cet événement, le Wapikoni et la Commission canadienne pour l’UNESCO (CCUNESCO), en partenariat avec le Musée canadien de l’histoire, organisent le "symposium international sur les langues autochtones" ce mardi 11 février.
De 13h à 17h au Musée canadien de l’histoire à Gatineau.

Ouvert à tous.

 

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau en a fait une priorité : la reconnaissance des peuples autochtones. Avec 11 nations réparties dans 55 communautés, la réalité autochtone fait partie du quotidien au Québec et elle nourrit régulièrement les journaux. Il est néanmoins difficile pour le nouvel arrivant de l’approcher, de la comprendre et d’en saisir toutes les subtilités. Sans résoudre ce dilemme dans sa globalité, quelques visites, lectures, projections permettent aux Occidentaux que nous sommes de s’initier à cette histoire millénaire et à son héritage, celui des peuples amérindiens, pour mieux comprendre les défis de cet immense pays.

1- Visiter le musée Pointe-à-Callière

Surnommé PAC et situé sur le lieu de naissance de Montréal, le musée Pointe-à-Callière est une institution dans la ville, consacré à l’histoire et à l’archéologie de Montréal. Un incontournable pour tout néo-Montréalais qui se respecte ! Ici, vous apprendrez la passionnante construction de Montréal, mais vous remonterez surtout le temps et le Saint-Laurent pour découvrir comment vivaient les premiers peuples amérindiens (leurs traditions, leurs us et coutumes), et leurs rencontres avec les Européens. Cette visite est la première étape pour toute personne qui souhaiterait comprendre les origines des peuples autochtones et leurs conditions souvent précaires aujourd’hui. Instructif, très ludique, le musée convient aux enfants comme aux adultes.

Place Royale, Montréal.

2- Visionner les œuvres du Wapikoni

Fondé il y a 15 ans, le Wapikoni est un organisme incroyable qui a inventé des studios de cinéma itinérants. « Nous pensons qu’il y a dans les communautés une somme incroyable de talents mais il n’y a pas d’accès à la création. Nous avons mis en places des studios dans des camions de 18 m qui circulent dans les communautés pour permettre aux artistes de s’exprimer », explique Odile Joannette. Sur le site de l’organisme, vous pouvez visionner gratuitement (à quelques exceptions près) les créations, des courts métrages essentiellement, et des documentaires réalisés par des autochtones.

3- Passer un week-end à Wendake
À Québec, un site est dédié à la vulgarisation de la question. Construit en s’inspirant des longues maisons des familles autochtones (qui au passage pouvaient héberger jusqu’à 80 personnes !), l’hôtel des Premières Nations de Wendake invite à une immersion tout en douceur. Décorations autochtones, animations thématiques, visites guidées… L’établissement de Wendake est mitoyen d’un musée qui revient sur l’histoire des Huron-Wendat. Vous pouvez participer à une veillée autour d’un feu de bois en écoutant des mythes et légendes autochtones, dormir dans une maison typique…. Et multiplier toutes sortes d’expériences. Attention toutefois : l’ensemble a un coût (hôtel plutôt luxueux).
Dans cette communauté, quelques commerces témoignent aussi de la présence autochtone.

4 – Participer à un pow wow

Autant que le capteur de rêves, le tambour est un instrument authentique et identitaire du peuple autochtone. Et il est la pièce maîtresse des pow-wow, ces rassemblements festifs ouverts à tous. Le tambour représente les rythmes des battements « de la terre mer ou encore le cercle de la vie ». Le pow-wow est un rassemblement entre les nations et les générations, où les populations dansent et se retrouvent autour du tambour. Nombreux l’été, ils sont imaginés un peu comme des festivals : on y découvre aussi bien les danses et mélodies envoûtantes que l’artisanat, les spécialités culinaires, des ateliers pour enfant… Il faut oser s’y rendre, respecter les “règles”, se laisser surprendre et emporter par ces ambiances surprenantes et chatoyantes comme le décrit un article paru sur Radio-Canada.

5 – Inspirez-vous d’ORIGIN(E)

Totalement consacré au tourisme autochtone, la revue ORIGINE(S) – que l’on trouve facilement dans les parcs nationaux, les offices de tourisme, les hôtels… – et le site internet Tourisme autochtone proposent de multiples conseils pour vivre des expériences typiques et atypiques, inspirées des Premières nations. Art, culture, sports, randonnées… De nombreuses activités y sont répertoriées mais surtout expliquées, rappelant sans cesse les origines de chaque proposition. Une autre manière de visiter le Québec.

6- Découvrez la gastronomie
À Montréal, l’une des bonnes occasions de découvrir le terroir autochtone est d’aller s’assoir au restaurant de Norma Conda, une femme autochtone, pleine de résilience et au parcours admirable. Cette chef dont le mari a été assassiné, maman de 5 enfants, a créé une table dont la carte s’inspire de ses racines dans une ville qu’elle ne connaissait pas (10409 boulevard Gouin Est).
À Québec, vous pouvez aussi opter pour le Parlementaire (du lundi au vendredi) en découvrant les plats de Martin Gagné, le chef qui fait aussi la réputation du restaurant La Traite, au sous-sol de l’Hôtel des Premières Nations (lire plus haut). Pas donné quand même.

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Last autumn I was on my way to work & scrolling though @cbcmontreal news. I randomly clicked on an article by Jessica Deer & proceeded to read the most inspiring story about a woman & mother of 5 who has overcome so many hurdles and worked so hard to put herself through culinary school here in Montreal. I started following her journey on Instagram and was absolutely thrilled to be invited to the opening of her restaurant Miqmak Catering Indigenous Kitchen yesterday, the first Indigenous owned restaurant in Montréal. We were treated to moose, an Algonquin three sister casserole, Indigenous wild rice with cranberries, luskinikn (bannock), an incredible seaweed relish, a kale & berry salad and tea from the Gaspé region. Everything was delicious and I was blown away by the sheer determination of this woman, a true warrior in every sense of the word. Wela'lin Norma Condo. . . . #miqmakcatering #normacondo #indigenousfood #indigenousrestaurant #miqmak #montrealfood #indigenousbusiness #indigenouswomen #cbcindigenous #montrealrestaurant @cbcindigenous

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7 – Écouter Elisapie et lire Naomi Fontaine
Née d’une maman inuit et d’un papa terre-neuvien, Élisapie est une artiste mutlidisciplinaire, devenue ambassadrice du grand nord et de la culture inuit, et qui séduit sur la scène internationale. Parmi ses créations, ellle présente son album The Ballad of the Runaway Girl comme un conte musical d’une inuk expatriée.

Vous pouvez lire les récits de Jacques Cartier… ou des histoires plus contemporaines. Artiste en pleine ascension, Naomi Fontaine porte dans ses livres un coup de projecteur sur sa communauté. Avec Manikanetish, paru en 2017 et l’an passé, Shuni, elle raconte les Premières nations. Et plus précisément le peuple Innu, avec des mots simples et un fil conducteur captivant. Une démarche qu’elle livre comme un combat pour une meilleure reconnaissance de son peuple.

8 – Regarder Le Peuple invisible
Le titre à lui seul est évocateur du propos. Réalisé en 2007, ce film québécois est l’oeuvre de Richard Desjardins et Robert Monderie, et a reçu en 2008 le prix Jutra du meilleur documentaire. Intense, sensible, le documentaire met en lumière le peuple algonquin, Amérindiens du Canada, sans langue de bois.

Réservé aux adolescents et adultes, ce film, qui s’appuie sur un point de vue historique, évoque tout à la fois l’occupation du territoire, l’avenir des cultures amérindiennes, la cohabitation avec la majorité francophone comme il soulève des conditions de vie difficiles voire inacceptables, d’ailleurs souvent rapportées dans les médias. Un film engagé propice au débat qui parle en conclusion « d’ethnocide ». Un documentaire choc.

Le Peuple invisible est accessible en ligne.

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Une décennie internationale pour les langues autochtones

Fin 2019, l’Organisation des Nations unies (ONU) a annoncé le lancement d'une décennie internationale des langues autochtones dès 2022 et jusqu'en 2032. Pour célébrer cet événement, le Wapikoni et la Commission canadienne pour l’UNESCO (CCUNESCO), en partenariat avec le Musée canadien de l’histoire, organisent le "symposium international sur les langues autochtones" ce mardi 11 février.
De 13h à 17h au Musée canadien de l’histoire à Gatineau.

Ouvert à tous.