Swenn, cette marque éthique fondée par une Bretonne

À 37 ans, Kristell Geffroy, Bretonne d’origine, se lance dans le monde de l’entreprenariat avec sa marque de prêt-à-porter québécoise Swenn.

Arrivée il y a huit ans dans la Belle Province, Kristell Geffroy est LA jeune loup de mer de la mode québécoise : « En France, je n’avais jamais pensé à créer mon entreprise, je voulais déjà me faire une expérience », explique la créatrice. Après des études entre Nantes, Rennes et Rome, quelques années passée sur la côte basque à travailler dans des marques de surfwear et bien d’autres expériences, c’est le début de la crise, en 2008, qui pousse Kristell et son conjoint, d’origine québécoise, à poursuivre leur vie à Montréal : « On allait voir, ça ne me faisait pas peur, j’étais déjà partie trois ans à Rome pour mes études de mode sans parler un mot d’italien. »  C’est, presque malgré elle, qu’elle lance en 2017 sa propre marque de vêtement, au Québec. Ce n’est pas l’envie de cultiver son propre style qui a poussé Kristell à fonder sa propre ligne, loin de là. La nécessité de concilier sa vision du prêt-à-porter et son métier, couplée à l’appel de la liberté s’imposent : « J’étais tannée des relations en entreprise, je ne me suis jamais sentie heureuse là-dedans, c’est plus la façon de vivre qui m’a attirée. » Elle entame alors une formation à l’École des entrepreneurs de Montréal qui, notamment via une aide financière, lui a permis de mener à bien son projet.

SWENN 

“SWENN”… ce mot ne vous évoque rien ? Un indice, ce n’est pas breton. Un nom de marque bien mystérieux qui ne veut, en fait, pas dire grand chose et dont les sonorités ont séduit, après de longues hésitations, la créatrice. Ce nom finit par trouver tout son sens, presque par miracle, lorsque Kristell remarque au hasard d’une rencontre, que SWENN comprenait les quatre points cardinaux, South, West, East, North. La marque trouve alors son cap et continue d’affirmer son style. Même si Kristell apprécie particulièrement sa région natale, qui lui a sans aucun doute transmis son affection pour la mer, son objectif n’est nullement d’importer ses origines outre-Atlantique : « L’idée, ce n’est pas de faire du style breton. Je veux faire du vêtement canadien. » On lui réclame d’ailleurs souvent des marinières, mais il semblerait que cela ne soit pas une perspective envisageable: « Mon objectif, ce n’est pas de déguiser les gens en marins et ce n’est pas parce que je suis française que je dois faire du français. Je préférerais encore faire des chemises à carreaux ! » C’est d’ailleurs l’inscription “Saint-Laurent” que vous trouverez sur nombre ses créations : « Le Québec a une attache particulière à l’eau, même ici à Montréal, nous sommes sur une île ». Son style ? Inspiré “des vieux tatouages de marin” et “du marin badass”. « Je suis très admirative des navigateurs. C’est un monde très dur. Pour moi, ce sont les derniers aventuriers », raconte-t-elle dans son discours ponctué d’anecdotes sur le monde maritime : « Chaque famille avait son style de points et de broderies. Cela permettait d’identifier les marins et parfois de les ramener aux familles en cas d’accident », explique-t-elle admirative.

Ces produits sont actuellement disponibles dans une quinzaine de boutiques de Montréal jusqu’à Rimouski et en ligne, l’un des objectifs étant de rapprocher les points de vente des côtes. Il faudra compter environ 55 $ pour un t-shirt, 210 $ pour un pull et 75 $ pour une tuque. Des prix qui peuvent impressionner à première vue, mais qui sont pour Kristell « le prix juste des vêtements responsables et qui n’exploitent pas les gens ».

Vers une production plus locale et responsable

Devenue maman il y a 4 ans, Kristell a revu ses ambitions… à la hausse : « Si je n’étais pas à la maison avec mon petit je voulais au moins savoir que c’était pour quelque chose qui valait la peine. Avoir mon fils m’a donné envie de faire quelque chose de plus épanouissant. » Une mode plus responsable et locale, c’est le défi qu’à donc voulu relever la créatrice : « Faire travailler des gens à l’autre bout du monde, les pousser à aller toujours plus vite, ça ne m’intéressait plus. Il faut se remettre en question, là, ça devient vraiment n’importe quoi. » Pour sa marque, Kristell a donc retroussé les manches de son chandail zippé et s’est mise à la recherche des acteurs “de qualité” à travers le territoire pour réaliser ses vêtements. Elle est, entre autres, partie se fondre dans les pâturages québécois en quête des meilleurs fournisseurs de laine, jusqu’à tomber en amour avec les moutons de l’île du Prince Edouard au large du Nouveau Bunswick. Grâce à cette laine produite localement, elle réalise ses tuques avec l’aide de tricoteuses québécoises . Mais la vie d’un entrepreneur responsable n’est pas toujours des plus simples. Pour sa ligne de vêtements en coton, Kristell a été contrainte de faire des compromis, ses t-shirts sont par exemple fabriqués à New York (mais sérigraphiés à la main à Montréal) et le coton, bien que biologique, n’est pas produit localement pour son plus grand regret : « Au Canada, on ne trouve pas de coton et aux États-Unis, celui-ci coûte très cher. J’ai tout de même essayé de choisir un fournisseur responsable, je me suis déplacée pour vérifier les conditions de travail entre autres », explique-t-elle. « À l’avenir, l’année prochaine peut-être, j’aimerais me tourner vers le tissu recyclé, le bio c’est déjà bien, mais cela ne diminue pas la production. » 

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