Bertille et Léon: Montréal a le béguin pour leurs chapeaux pour bébé

Pauline Vermandel. Crédit : Isabelle Delorme

Pauline Vermandel en avait assez de son poste de directrice de boutique dans la “fast fashion”. La Montréalaise originaire de La Rochelle se lance alors dans les “béguins“, ces adorables couvre-chefs pour bébés difficiles à dénicher dans le commerce. La jeune marque de mode enfantine Bertille et Léon, qui vend aujourd’hui 2.500 bonnets par an, s’est offert une collaboration avec Ernest et Célestine, et bientôt Le Petit Prince. Des partenariats qui boostent sa renommée et sa rentabilité.

C’est en 2008 que Pauline Vermandel et son conjoint réalisateur de cinéma, poussés par « l’envie de voir autre chose », ont décidé de s’installer au Québec. « Nous étions venus pour un an au départ, et finalement, nous ne sommes jamais repartis ! », lance la créatrice. Formée notamment chez Mexx et Zara qui lui a confié la direction de boutiques à Montréal, Pauline Vermandel décide après la naissance de ses deux enfants de quitter la “fast fashion” où « la pression et les horaires étaient très intenses ». Son envie de ralentir se conjuguait avec le goût d’une mode de qualité, intemporelle et durable.

Profitant de ses congés de maternité pour se mettre à la couture, la Française confectionne pour ses enfants et ceux de ses copines des “béguins”, petits chapeaux rétro très populaires aux États-Unis « super cool, mais chers ». Abordée dans les parcs par des mamans qui craquent pour ces élégants couvre-chefs, elle décide en 2016 de lancer son site de vente en ligne nommé en référence à deux prénoms qu’elle affectionne, rétros comme ses créations. La collection s’étoffe la saison suivante en intégrant des bonnets à pompons et dès 2017, la créatrice confie la confection de ses produits à des ateliers montréalais tout en lançant en parallèle des collaborations avec de petites marques locales.

Le pouvoir des réseaux sociaux
La renommée de Bertille et Léon est stimulée par Instagram. « À chaque fois que je postais une photo, je vendais un produit dans les dix minutes qui suivaient. 68% de mes ventes venaient des réseaux sociaux », déclare la jeune femme. Mais c’est une rencontre en France, en juillet 2017, qui va faire prendre un autre tournant à la marque. Au salon de mode enfant Kid à Paris, les produits sont remarqués par Studio Canal et l’univers de Pauline Vermandel fusionne bientôt avec celui du dessin animé Ernest et Célestine pour donner naissance à un béguin imprimé.

Béguin Ernest et Célestine pour Studio Canal. Crédit : Bertille et Léon

Malgré de belles parutions en France dans les magazines Milk et Marie-Claire Enfants, le marché de Bertille et Léon se développe principalement au Canada et au Japon. La ligne, qui s’enrichit désormais d’accessoires (doudous, coussins) et de quelques vêtements pour les 1-6 ans, est vendue pour 30% au Japon, 10% en Europe et le reste au Québec et dans l’Ontario. « Je ne vends presque rien en France, confie la créatrice. Le produit plait mais je pense que les Français ne commandent pas vraiment à l’étranger car ils ont beaucoup de choses sur place, et puis il y a les frais de douane… »

Crédit : Bertille et Léon

Le défi de la rentabilité
Même si les ventes se portent bien, certains défis restent importants pour une entreprise  de petite taille comme Bertille et Léon. En particulier la rentabilité, liée aux coûts de la confection locale et aux délais de livraison. « Il y a tellement de créateurs, c’est difficile de tenir dans la durée, commente Pauline Vermandel. Je n’ai pas de nouveautés cet automne car je veux trouver un autre moyen de fonctionner. Je vais continuer à faire vivre Bertille et Léon en poursuivant des collaborations avec Ernest et Célestine, et bientôt Le Petit Prince dans le domaine des accessoires. Cela m’inspire beaucoup ! » Des collaborations rentables avec des marques françaises, qui continueront à être fabriquées au Québec.

Car la créatrice, qui développe une activité parallèle dans le domaine des huiles essentielles en France, se sent pleinement chez elle à Montréal depuis 4-5 ans. « Avant, je rentrais chez moi quand j’allais en France. Maintenant, je me sens chez moi ici et je vais en France en vacances ! »