Cynthia Sardou en conférence à Montréal : ‘‘Je veux aider les femmes’’

crédit: Margaux Otter

En décembre 1999, Cynthia Sardou a été enlevée et violée par trois hommes. Résidente au Québec depuis plusieurs années, elle participe maintenant à des conférences pour ‘‘raconter son histoire mais aussi donner des solutions’’ pour ‘‘aider les femmes’’ ayant vécu le même traumatisme. Elle y livre un témoignage poignant mais surtout un message plein d’espoir. La fille de Michel Sardou s’est exprimée sur sa lente reconstruction, qu’elle avait déjà racontée dans son livre ‘‘Une vie à reconstruire’’, paru en 2014.

Suite à la publication de son livre, Cynthia Sardou a reçu de nombreux messages de soutien et des témoignages de femmes dans la même situation qu’elle. Elle décide donc de parler ‘‘au nom de celles qui ne peuvent pas le faire’’. Ses conférences visent à donner de l’espoir aux victimes : ‘‘on n’oublie pas, on ne guérit jamais vraiment, mais on apprend à vivre avec et à retrouver sa joie de vivre…’’ Cynthia Sardou avance qu’il est impératif de ‘‘sortir de la léthargie’’ et ne pas ‘‘conserver l’étiquette de victime qui empêche d’aller de l’avant.’’

Quitter la France et ‘‘cultiver l’optimisme’’

Les trois agresseurs de Cynthia Sardou, dont deux étaient des récidivistes, seront condamnés à des peines allant de 10 à 15 ans de prison. La fille de Michel Sardou décide de quitter la France, ‘‘par amour’’, mais aussi pour éviter d’avoir à recroiser ses agresseurs. ‘‘A la douane, on ne laisse pas passer des criminels. Ici, je me sens plus sereine et tranquille’’, témoigne-t-elle. Son installation au Canada, où elle dirige une société de communication, a joué un rôle crucial. ‘‘Changer de pays a aussi contribué à ma réparation.’’

Le sport et l’écriture ont été pour elle ‘‘un exutoire’’. Désormais titulaire d’un diplôme de sport d’autodéfense, Cynthia Sardou estime d’ailleurs que des cours de kick-boxing devraient être enseignés à l’école. ‘‘Ce sport m’a aidé à retrouver mon identité et à me rendre plus forte, mentalement et physiquement’’, explique-t-elle.

Quant à l’écriture, elle lui a permis, avec l’aide de thérapeutes, ‘‘d’analyser ses émotions’’. Son premier livre était véritablement thérapeutique. ‘‘J’avais besoin de l’écrire, de mettre des mots sur l’événement. C’était un moyen aussi de mettre ça derrière moi’’. Par la suite, dans ‘‘Une vie à reconstruire’’, elle a voulu donner plus ‘‘d’éléments de solutions’’.

‘‘Je travaille l’optimisme au quotidien’’, poursuit-elle. Pour cela, Cynthia Sardou a une méthode simple : écrire toutes ses fiertés et ses victoires sur des bouts de papiers et en lire un par jour. ‘‘C’est simple, accessible à tous et ça permet d’apporter un brin d’optimisme pour la journée’’, explique-t-elle. Et son livre de chevet : ‘‘Le pouvoir de l’optimisme’’, de Christelle Crosnier. Pour Cynthia Sardou, ‘‘l’important est de visualiser son rêve et d’être reconnaissant de ce que l’on a.’’ Elle nous confie d’ailleurs au passage son rêve de petite fille : publier son premier roman ! ‘‘Je suis en train de l’écrire, l’histoire se passe à Hollywood…’’ Nous n’en saurons pas plus pour l’instant, affaire à suivre !

Une situation qui s’améliore ?

Cynthia Sardou estime que le mouvement #MeToo a contribué à faire évoluer la situation, même si le tabou reste important. Selon elle, #MeToo a permis de créer un ‘‘véritable mouvement de solidarité.’’ Elle regrette cependant que le mouvement n’ait pas été plus ‘‘contrôlé sur les réseaux sociaux et encadré.’’

‘‘Il faut dénoncer, conclut Cynthia Sardou. Mais le plus important c’est d’aller au bout du processus de plainte et de procès, même si c’est difficile’’. Et se recentrer sur soi-même permet, selon elle, de retrouver son assurance et son identité. ‘‘On apprend à pardonner à la vie. Et aujourd’hui, je peux dire qu’enfin, je n’ai plus peur !’’, ajoute-t-elle un peu plus loin.