Icitte : un guide pour les (maudits) Français du Québec

“C’est un beau livre de toilettes !”, résume Irène Lumineau en riant, co-auteure du livre Icitte avec sa soeur Marielle Lumineau. Plus qu’un livre à feuilleter sur le trône, il s’agit surtout d’une bible pour les nouveaux arrivants qui seront ravis d’en apprendre plus sur les subtilités du Québec et de ses habitant·es. Très graphique et très drôle, l’ouvrage des deux Françaises attire l’oeil sur les étals des librairies. Ne lui résistez pas, il se dévore en quelques heures et vous ne serez pas déçus du voyage.

“Il y a quelques clichés dans notre livre mais à travers des vrais yeux de Québécois et de Français qui vivent là”, confie Irène Lumineau, qui a mis en images les 248 pages colorées de leur ouvrage. Après deux ans à réfléchir à l’idée de sortir un livre pour les Français installés au Québec, Icitte a finalement vu le jour sous l’impulsion et le culot des soeurs Lumineau. “On ne se retrouvait pas dans les livres qui existaient déjà puisqu’ils traitaient surtout de Montréal”, se souviennent les deux soeurs installées sur la rive Sud de Québec qui ont donc créé un livre à leur image, truffé de témoignages divers et variés.

Après avoir sondé l’opinion à coups de questions bien pensées, elles ont reçu 215 réponses de Français vivant au Québec : de quoi rédiger un livre qui parle au plus grand nombre. Loin d’être un guide de l’immigration qui sent le réchauffé, Icitte est surtout l’ouvrage de deux auteures proactives qui ne laissent rien au hasard et cela se voit : un sommaire bien ficelé (rien n’a été oublié), une cible étudiée (en maudit) et une communication soignée.

” (…) les Québécois adorent savoir ce qu’on pense d’eux”

“Notre livre, on l’a fait pour les Français installés au Québec au départ. Maintenant qu’il est sorti, on se rend compte que les Québécois adorent savoir ce qu’on pense d’eux et sont curieux de voir notre point de vue sur leur pays qu’on a adopté. Alors ils nous lisent aussi !”, raconte Irène Lumineau, ravie de l’enthousiasme suscité par Icitte. “On y parle de notre expérience mais aussi de ce qui touche nos lecteurs potentiels”. 

Parmi les réponses récurrentes reçues suite à l’envoi de leur sondage, la difficulté de se faire des “vrais” amis au Québec est celle qui est ressortie le plus souvent. “On n’avait pas le choix d’en parler ! Même si, personnellement, on n’en a jamais souffert”, lancent les deux soeurs qui ont aussi dû faire certains choix éditoriaux, de peur de froisser certaines susceptibilités.

À la question “Que diriez-vous aux Québécois ?”, les réponses ont fusé pour le meilleur mais surtout pour le pire. “On a reçu des commentaires pas forcément sympas alors on a décidé de ne pas les mettre dans le livre”, avoue Irène Lumineau qui ne voulait pas faire une page de “bitchage” ni provoquer les Québécois pour rien. “On se voyait mal cracher dans la soupe ! Ça n’aurait pas été une page utile, seulement frustrante”, ont estimé les soeurs qui ont préféré parler de tout avec bienveillance et “crunchy”. “On s’est senties légitimes de rire autant des Québécois que des Français puisqu’on vit ici(tte) depuis quelques temps maintenant”.

Coups de coeur de la rédac’

Après avoir feuilleté, puis lu et relu l’ouvrage, on a posé notre dévolu sur les pages 92 à 96 dédiées aux “Quiproquoi?” et en particulier cet extrait savoureux : “Cela faisait trois jours que j’avais commencé mon stage et ma collègue arrive et me dit qu’elle était bien contente de ne pas avoir mis de culottes aujourd’hui… J’étais très surprise de cette intimité rapide et aussi un peu gênée, jusqu’au moment où j’ai compris qu’elle était en jupe et non en pantalon (culottes), ce qui annonçait le beau temps !”.

Sans parler cette autre anecdote improbable mais hilarante (cela vous rappellera peut-être des souvenirs) : “Un jour, je suis arrivée au bureau en disant à mes collègues : “J’ai été doublée sur l’autoroute par un char !!!” Je capotais, et eux n’avaient aucune réaction. “Ben oui des chars, il y en a plein les routes icitte !” Mais moi j’avais été doublée par un vrai char d’assaut alors que je roulais déjà à 110 km/h”.

Enfin, si vous avez envie de faire le plein de clichés, rendez-vous pages 214-215 pour des combats très graphiques à coups de “Les Québécois sont…” VS “Les Français sont…”. En toute bienveillance, toujours.

Disponible partout au Québec, Icitte est aussi en vente à la librairie du Québec à Paris. Bientôt édité en France ? “Ça pourrait marcher ! On attend déjà de voir les ventes au Québec…”. À notre avis, ça pourrait cartonner de l’autre côté de l’Atlantique.