Pomme à Montréal : “Je me suis toujours vue vivre ici, depuis mon plus jeune âge”

Pomme aux Francos de Montréal en 2019 / Crédit : Margaux Otter

“Je suis hyper fatiguée alors que ce n’était même pas mon spectacle ! Je n’ai fait que deux chansons mais c’était émotionnellement intense”, nous lance Pomme au lendemain de sa prestation sur la grande scène des Francos, aux côtés de Safia Nolin (son ex), KROY et Patrick Watson.

La première apparition que Safia Nolin a fait sur scène ce soir-là,“c’était avec moi et cagoulée pour chanter ma chanson “On brûlera”. Devant 20 000 personnes, c’était fou…”, confie la Française de 23 ans, encore fatiguée de la veille. “Il y a aussi eu une performance de drag queen, c’était magique”, raconte la chanteuse accro au Québec qui se verrait bien vivre de ce côté-ci de l’Atlantique.

“Je me suis toujours vue vivre ici, depuis mon plus jeune âge. Mais je n’ai pas encore eu de vraie vie quotidienne au Québec”, raconte celle qui a donc prévu de rester 6 semaines cette fois-ci. “Ça fait trois ans que je viens régulièrement à Montréal mais je suis toujours prise en charge avec un planning assez précis. Alors là je vais en profiter pour prendre mon temps, faire du vélo, etc.”, a expliqué Claire Pommet (son vrai nom) qui trouve cela plus agréable d’être une femme ici. “Il y a un sentiment de sécurité que je ne ressens pas à Paris, par exemple”. 

Icône malgré elle

Le seul “truc” qui lui manquerait peut-être ? “Ne pas pouvoir me mettre torse nu dans les parcs, de montrer mes seins ! (rires)”, a confié la Française qui trouve les Québécois un peu pudiques en la matière. “Hier, je suis montée sur scène en soutiens-gorge et je sentais que ça intriguait le public… En France, le nudisme est plutôt répandu voire normal.”

C’est aussi le côté résolument queer de Montréal qui l’attire. “Je me sens 100% plus à l’aise ici. En France, je suis souvent considérée comme “Pomme, la chanteuse lesbienne” alors qu’ici, on s’en fout. Ce qui me dérange, c’est que ma vie privée devienne le sujet principal de certains articles, raconte la jeune femme qui avoue être une icône LGBTQ+ malgré elle.

“Dans mes paroles, je parle juste de ma vie, en fait… Sur mon deuxième album, il y a autant, si ce n’est plus, de chansons avec des pronoms féminins qui abordent mes relations amoureuse et je suis obligée de me poser la question de savoir comment je vais en parler en interview”, confie l’adepte de l’autoharpe, agréablement surprise par l’ouverture d’esprit canadienne. “J’ai l’impression qu’ici, c’est le seul endroit au monde où c’est la norme d’être qui tu as envie d’être. Je trouve ça hyper agréable”.

Elle a d’ailleurs consacré toute une chanson à Montréal, “Les oiseaux”, un titre à retrouver sur son deuxième album qui sortira à l’automne. “Ça m’apaise beaucoup d’être là ! En général, les chansons qui parlent d’anxiété, je les écris à Paris (rires). Montréal, c’est un peu mon havre de paix, je m’y sens moins sous pression et puis tout est immense, il y a de place, ça fait du bien”.

Elle sera en concert aux Francos ce jeudi 20 juin au Théâtre Maisonneuve. Plus d’infos ici.