Nach en piano-voix aux Francos : “La chanson est une échappatoire”

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Souriante, Nach ou Anna Chedid de son vrai nom, transmet une énergie sympathique. Accompagnée de son piano, seule sur scène, elle assurera ce soir la première partie du spectacle-hommage à Léo Ferré à la Cinquième Salle.

C’est ce métier qui m’a choisie”, explique-t-elle en riant, quand on lui demande si son chemin était tout tracé. Petite-fille de la poétesse Andrée Chedid, fille de Louis Chedid et sœur du célèbre chanteur français M, Nach a baigné dans un univers culturel et musical dès son plus jeune âge. “J’ai toujours adoré chanter, faire des spectacles, des claquettes, du piano.” Si elle décide de se lancer dans des études de psychologie, la chanson a fini par la rattraper. Car finalement, “c’est bien ce métier-là qui m’apporte tout ce dont je rêve.”

Venir d’une famille d’artistes lui a permis de développer très tôt une grande sensibilité pour la musique et l’art. Entourée depuis toujours de musiciens, d’instruments, Nach a “beaucoup appris” en allant voir son père et son frère en concert. Paradoxalement, cela a aussi rendu le lancement de sa carrière solo plus difficile. “Les médias nous attendent plus au tournant, le public est plus exigeant. Il faut prouver que j’ai ma place, pas juste parce que je suis la sœur ou la fille de…”

S’inspirer de son hypersensibilité

Nach s’inspire de sa vie, ses expériences et ses émotions. “Quand j’écris une chanson c’est que j’ai une émotion qui me submerge. Au lieu de crier, de pleurer ou de m’énerver contre quelqu’un, je me mets à mon piano et je compose.”

Ainsi, Nach a trouvé dans la musique “une échappatoire” à son hypersensibilité. C’est la chanson qui lui donne un moyen de s’exprimer. “Sans la musique, ce monde aurait été trop violent pour moi”, confie la chanteuse française. Le but de Nach : transformer les moments difficiles de la vie en émotions et les partager avec ceux qui ressentent la même chose. “C’est aussi ça la solidarité”, déclare-t-elle.

Elle trouve d’ailleurs le public montréalais particulièrement attentif. Ici, elle se sent “mieux accueillie, plus considérée, écoutée.” Selon Nach, Montréal démontre un véritable “amour de la chanson et de la langue française.” Elle ne se lasse d’ailleurs pas de venir performer dans la ville québécoise. “J’ai développé une véritable histoire avec le Québec, ici je me sens bien”, continue-t-elle.

L’Aventure”, son deuxième album solo, en piano-voix

En orchestre ou seule sur scène, Nach a testé toutes les formules. Pour son deuxième album, “L’Aventure”, elle présente des “chansons plus intimistes” que dans son premier album, “plus rock et énergique”. Pour retranscrire toutes ses émotions, elle estime qu’elle “devait se mettre un peu en danger, seule avec son piano.”

Avec des textes très féminins, emprunts d’une touche de mélancolie et de romantisme, Nach s’interroge sur “l’évolution de la vie”. Pour accompagner son piano, elle a réalisé un clip la mettant en scène à 10, 32 (maintenant) et 80 ans. “C’est l’histoire d’une petite fille qui devient femme, qui devient vieille dame”, explique-t-elle. L’album veut retranscrire les aventures d’une femme “aux différentes étapes de sa vie”. L’occasion aussi pour Nach de “prendre du recul sur [son] âge”.

En tournée jusqu’en 2020, Nach a ensuite envie de tester de nouveaux projets. Et pourquoi pas écrire un spectacle musical ? En attendant, elle reviendra en février pour une tournée québécoise. Affaire à suivre…