Voyage d’Yvinec : le navigateur Guirec Soudée fait escale à Montréal

Guirec Soudée et Monique voguant sur Yvinec. DR.

Le voyage de Guirec Soudée et de sa poule pas si mouillée, Monique, ont créé l’engouement sur les réseaux sociaux. Pendant presque cinq ans, les deux compères ont fait le tour du monde, dont un hivernage de 130 jours dans les glaces au Nord du Canada. Du 4 au 11 juin, l’aventurier fait escale à Montréal pour la promotion de l’un de ses trois livres, « Le Monde selon Monique et Guirec », sorti aux éditions Flammarion.

Monique, elle, n’a pas pu prendre l’avion. “Elle a le pied marin, mais pas aérien“, plaisante Guirec Soudée. La poule la plus célèbre d’Internet a accompagné le marin dans périple à bord d’Yvinec, bateau nommé d’après sa commune bretonne. Pendant cinq ans, les deux compères ont navigué entre eaux et glaces, une aventure courageuse suivie par près de 130 000 “fans” sur Facebook, 50 000 sur Instagram.

Navigateur-aventurier

Si à 25 ans, Guirec Soudée a traversé les mers et océans, fait le tour du monde, et a hiverné 130 jours au large du Groenland, c’est parce qu’il exerce un métier un peu spécial. Le jeune homme se définit lui-même comme un “navigateur-aventurier“. Dans son livre, il raconte sa soif du grand large, son envie de découvrir le monde (et lui-même), l’attirance pour les pôles et la nature.

Après un départ fin 2013 (un faux départ pour être exact, puisqu’il doit réparer son bateau peu après), il pose le pied à Tenerife, où il rencontre Monique. “Un vrai coup de foudre“, raconte l’aventurier au grand coeur, pour cette gallinacée attachante. La poule marine embarque alors à bord d’Yvinec, et accompagne Guidée Soudée à Saint-Barthélemy. Pendant un an, il travaille sur l’île paradisiaque comme professeur de planche à voile pour renflouer les caisses. Car une expédition au Pôle Nord, ça se prépare…

Un hivernage de 130 jours 

Cap sur Saint-Martin, les Iles Vierges, Halifax, Saint-Pierre-et-Miquelon, puis finalement le Groenland. Le but du marin ? “Hiverner”, c’est-à-dire laisser les glaces entourer son bateau, et vivre une expérience hors du commun. Arrivé dans la Baie de Disko le 24 novembre, le jeune marin a l’impression que c’est le plus beau jour de sa vie. Jusqu’au lendemain, où il apprend, par un pêcheur inuit venu exprès le chercher, le décès brutal de son père. “Un vrai choc. Mais je tenais à continuer car il aurait voulu cela”, raconte-t-il. “Ma soeur avait trouvé ce pêcheur via Facebook car j’avais passé un peu de temps dans leur village.”

Guirec et Monique après l’hivernage. DR

Monique, un vrai soutien

À l’isolement, s’ajoutent les difficultés climatiques et matérielles. “À cause du vent, des icebergs entraient dans la baie, et la glace prenait mal“, se souvient-il. Surtout, en 130 jours, il ne pêche que deux oursins et un poisson, alors qu’il comptait sur ce moyen pour se nourrir. Dans ses réserves, que des rations de riz, et des graines pour la poule. “Heureusement que Monique pondait presque un oeuf par jour pour ma ration de protéines !“. 106 oeufs en 130 jours, qui lui permettent de résister aux températures extrêmes (parfois -60 ressentis), même s’il perd plusieurs kilos. Avec tendresse, Guirec parle de Monique comme d’une amie, “un vrai soutien” qui lui permet de faire face à la solitude.

Des péripéties

Un fois la mer gelée, le navigateur en a profité pour faire du kitesurf et de la planche à voile sur les glaces, toujours en compagnie de la poule des mers. Et voit des aurores boréales, des ours polaires, des caribous, des loups… “L’hivernage, c’est à la fois le pire et le meilleur moment. C’est difficile, mais c’est le prix à payer pour voir de si belles choses.” Et surtout, l’épreuve lui permet de constater le chemin parcouru, tout seul, sur son bateau depuis sa “petite Bretagne“. S’ensuit la route retour, par l’Alaska (arrivé le 2 septembre), l’Ile de Vancouver, San Franscico et… un échec en Polynésie. “Monique n’a pas pu y rentrer pour des raisons sanitaires, alors j’ai laissé tomber“, raconte-t-il, solidaire.

Cap alors sur l’Arctique, une traversée difficile de 80 jours, pendant laquelle son bateau s’est renversé. “Je me suis retrouvé avec le matelas au-dessus de moi. Si j’avais été dehors, je serais mort“. Heureusement pour Monique, la poule pas mouillée bénéficie d’une cage à l’intérieur, qui lui a sauvé les plumes.

Une aventure en images

Lorsqu’il a quitté sa Bretagne natale fin 2013, jamais Guirec n’aurait pu imaginer un tel parcours. Mais sa ténacité, sa volonté, son optimiste et son courage ont séduit, peu à peu, de nombreux sponsors. À commencer par la startup Driiveme, son soutien dès la première heure.

Surtout, pendant toute son aventure, il prend de nombreuses photos et vidéos, qui lui permettent aujourd’hui de nourrir et raconter cette aventure. Guirec Soudée revient d’un séjour à la Réunion où il présentait 40 minutes de film documentaire au Festival du film d’aventure, en prévision d’un 90 minutes à venir très bientôt. Netflix serait même intéressé, nous glisse-t-il. L’aventure, elle, est déclinée en trois ouvrages, dont un pour les enfants, “La poule qui fit le tour du monde“.

Si au fil du temps, son aventure est devenue une marque, sobrement baptisée Yvinec, le Breton reste avant tout un aventurier. Son prochain projet ? Faire un tour de l’Arctique sans escale, en une saison. Avec Monique, bien sûr !

Pour en savoir plus sur son aventure, c’est ici !