Le “corporate hacking” expliqué par Stéphanie Bacquere

crédit: nod-A

Nod-A, start-up de ‘‘corporate hacking’’ née à Paris en 2010 , vient de s’implanter à Montréal. Stéphanie Bacquere, sa cofondatrice, nous explique la recette de l’agilité pour une entreprise. Petit manuel de “corporate hacking”, ou comment désobéir pour travailler plus efficacement.

Le monde change, mais les processus d’entreprises restent parfois les mêmes. C’est pour bousculer les lignes qu’est né nod-A, une start-up développée par Stéphanie Bacquere et Marie-Noéline Viguié en 2010. ‘‘Avec Marie-Noéline, nous avons un parcours similaire. École, puis embauche dans un grand groupe. Quand on commence, on est plein d’énergie, mais très vite on est bloqué par des process longs et fastidieux. Et on travaille sans trop comprendre pourquoi’’, déplore Stéphanie Bacquere.

Concrètement, Nod-A permet aux entreprises “traditionnelles” de s’adapter à la transition numérique, d’adopter des modes de travail plus agiles et plus collaboratifs. ‘‘Il faut en finir avec la politique du silo. Tous les acteurs d’une entreprise doivent connaître ce que font les uns et les autres. Les grandes entreprises se rendent bien compte que les start-ups vont plus vite, avec des équipes moins importantes.’’ Grâce à des formations, nod-A permet de ‘‘prototyper de nouvelles relations d’entreprises et de nouveaux modes de management’’.

Et depuis un an et demi, leur startup de “makestorming” s’est aussi implanté à Montréal. Aujourd’hui, nod-a compte 30 collaborateurs répartis entre les bureaux parisiens, lyonnais et montréalais, et accompagne aussi bien des grandes entreprises que des organismes gouvernementaux.

‘‘Sortez de votre zone de confort, mais pas trop’’

La majorité des gens “veulent faire leur travail correctement“, estime la co-fondatrice de nod-A. Pourtant, les méthodes de management ne sont pas adaptées et partent du principe que c’est la sanction qui motive les employés. Dans ce contexte, quelle forme peut prendre votre premier ‘‘corporate hacking’’ ?

“La notion de désobéissance est très forte pour le hacker, mais ce n’est pas forcément pour une mauvaise action. Il refuse de ne plus avoir de contrôle, d’être enfermé dans un système. Par envie de liberté, il va contourner ce système pour mieux le comprendre’’, explique Stéphanie Bacquere.”Pour un premier hack, il faut choisir un projet qui vous fasse sortir de votre zone de confort, tout en restant accessible. Envoyez un mail à votre N+2 pour contourner votre N+1. Ou laissez un livre sur le bureau de votre chef…’’

Hacker la réunionite

La première règle d’or avant de “hacker” son entreprise ?  ‘‘Le projet doit vous porter à coeur. Vous devez avoir envie de le voir aboutir.’’ Il est également important que vous ayez une certaine autonomie d’action sur le projet, et que les résultats soient concrets. ‘‘Votre premier hack doit créer un effet boule de neige. Vous devez montrer que ne pas respecter un process obsolète… porte ses fruits !’’

Par exemple, une étude Ifop de 2018 a montré que les cadres français passent en moyenne 27 jours par an en réunion. Pour autant, 49 % d’entre eux estiment que ce n’est pas le meilleur moyen pour exprimer leurs idées. Les raisons sont multiples : monopolisation de la parole par la direction, sentiment d’illégitimité, pas de prise en compte de leur avis… “Le premier endroit à hacker, c’est la réunion !”

Écoute, transparence et confiance : les qualités du manager de demain

Dans une entreprise plus collaborative, le manager voit son rôle évoluer. ‘‘Son travail n’est plus de donner des ordres mais de comprendre ce qui motive ses salariés. Il doit répartir l’information et le travail dans son équipe.’’

Dans une dynamique collaborative, le pouvoir change de main : ‘‘Il y a moins de hiérarchie directe, le pouvoir est moins concentré.’’ Le manager de demain devra donc être plus à l’écoute, plus transparent vis-à-vis de ses employés. ‘‘Sa mission principale est d’assurer de bonnes conditions de travail à ses collaborateurs. Pour être plus efficace, le gestionnaire doit aider ses employés à monter en compétences et à gagner en autonomie. Il doit penser global et non pas à soi.’’ Une des clés pour une meilleure efficacité.

Être efficace au travail

‘‘La transformation digitale a permis de mettre en place de nouvelles manières de travailler ensemble, de collaborer.’’ L’adage ‘‘l’union fait la force’’ n’en est que plus vrai aujourd’hui, Stéphanie Bacquere en est convaincue. ‘‘Réfléchir à plusieurs permet souvent d’aller plus loin’’. Dans la même veine, chez nod-A, on estime que que les décisions doivent être prises par ceux qui ont le plus de compétences en la matière. ‘‘Que toutes les décisions viennent de la direction est parfois absurde. Ils ne sont pas forcément connecté à la réalité du terrain.’’

Etre efficace, c’est aussi mieux organiser son emploi du temps. À titre personnel, Stéphanie Bacquere révise son emploi du temps chaque début de semaine, et n’hésite pas à déplacer ou reprogrammer des entretiens qui ne rentrent pas dans l’ordre du jour. Pour être totalement efficace, il faut aussi être flexible. ‘‘Si vous travaillez 10 heures par jours, programmez maximum 8h de travail dans votre emploi du temps. Il y aura toujours des imprévus qui viendront se glisser dans votre agenda !’’

Désobéir

‘‘Savoir penser par soi-même et hacker si nécessaire, c’est la clé de l’efficacité au travail’’, conclut Stéphanie Bacquere. Si les process sont absurdes ou peu adaptés, ‘‘il faut désobéir’’. Etre plus en accord avec soi-même permet forcément d’aller plus vite.

Pour en apprendre plus sur le coporate hacking, plongez-vous dans le livre co-écrit par Stéphanie Bacquere et Marie-Noéline Viguié, ‘‘Makestorming, guide du corporate hacking’’. Et pour devenir un véritable corporate hacker, testez Petits hacks entre amis, le nouveau projet de nod-A, en vente sur la plateforme Ulule.