O’Lou, la boutique qui habille filles et garçons sans différenciation

crédit: Sylvain Clep, Marie-Eve Pelletier

Fini les camions bleus pour les petits garçons et les poupées roses pour les petites filles. Lorsqu’elle a eu son premier enfant, Charlotte Bergere, 31 ans, a été offusquée de recevoir des cadeaux très genrés : “on m’a offert beaucoup de vêtements avec des tracteurs ou des tractopelles… Un comble pour moi, qui déteste mettre les enfants dans des cases !” Un événement qui a impulsé la création de sa marque, O’Lou.

Diplômée d’une école de communication visuelle, Charlotte Bergere est arrivée en PVT à Montréal en 2011, pour finalement ne plus en repartir. Elle a d’abord travaillé dans la restauration avant de lancer O’Lou en 2016. “Ici, les portes sont beaucoup plus ouvertes qu’en France quand on se donne les moyens de changer de voie. Lancer O’Lou m’a permis de faire de ma passion un métier”, déclare la jeune femme. La marque propose des vêtements unisexes pour enfants en coton bio, “entièrement pensé, designé, cousu et vendu à Montréal.”

C’est pour être en phase avec ses convictions que Charlotte Bergere a décidé d’utiliser du coton bio. “La mode est une des industries les plus polluantes à l’échelle mondiale. J’ai décidé d’utiliser uniquement du coton bio pour ne pas en rajouter”. Mais ce n’est pas le seul bénéfice : “les tissus sont plus doux, moins impactés par les produits chimiques. Avec des vêtements en coton bio, finis les problèmes de peau pour les enfants”, explique-t-elle.

Une aventure qui a été énergivore, elle l’avoue. “Quand on monte son entreprise, il faut être prêt à se donner à 300 %, ne pas compter ses heures. Au début d’O’Lou, je faisais tout toute seule : couture, confection, achat des matières premières et démarchage des boutiques. À un moment donné, ce n’était plus possible de concilier l’entreprise avec ma vie de famille.”

Au bout de deux ans, la marque commence à se faire un nom et Charlotte Bergere décide de (bien) s’entourer. “Je collabore avec deux couturières indépendantes. Je ne voulais pas travailler avec des ateliers pour ne pas perdre le contact humain. Je vais chez elles quasiment tous les jours pour suivre l’évolution du travail. Depuis deux ans, j’ai aussi une illustratrice qui dessine les motifs des vêtements.”

crédit : Sylvain Clep, Marie-Eve Pelletier

Si c’était à refaire, Charlotte Bergere estime qu’elle aurait “attendu que le projet soit plus concret, plus pensé. C’est assez difficile si on n’a pas de réseau pour se lancer. Moi, je ne suis pas de Montréal : il a fallu que je me crée mon réseau en partant de zéro ! C’est ce qui explique que l’aventure ait mis un peu de temps à démarrer…” Son conseil à ceux qui voudraient sauter le pas ? “Il faut se faire confiance, oser et ne pas avoir peur, même si c’est difficile !”

Depuis peu, O’Lou est sur le chemin de l’expansion : la marque propose des sous-vêtements et prévoit bientôt de mettre en vente des chandails et des pantalons pour adultes. Pour la suite, Charlotte Bergere aimerait encore réaliser un rêve. “J’aimerais monter ma propre boutique avec un atelier de confection, pour aider à la réinsertion des femmes qui connaissent le métier de couturières. Mais ce ne sera pas pour demain, j’ai appris à prendre mon temps !”, conclut-elle en riant.