Avec Geev, deux Français surfent sur le don d’objets en ligne (ne jetez plus rien !)

Crédit : GEEV

Vos placards recèlent forcément d’objets qui ne servent plus à rien depuis longtemps. Et si vous les donniez ? C’est en partant de cette idée que deux Français, Florian Blanc et Hakim Baka, ont co-fondé Geev : une appli développée à Montréal (il y a un an et demi) et un site web (depuis quelques semaines) pour mettre en relation des objets esseulés et des personnes prêtes à les adopter. En plus, c’est bon pour la planète.

“On a d’abord testé notre concept sur Facebook via des groupes dans lesquels les gens pouvaient se donner des objets. Les groupes ont très vite grossi, et avec la viralité, ça a fait un effet boule de neige”, raconte simplement Florian dont la startup a levé 3 millions d’euros en août dernier. Une somme qui leur a notamment permis de lancer un site internet et de développer (bientôt) une version payante.

Si l’appli a d’abord été développée à Montréal — raison pour laquelle certains de leurs investisseurs y sont toujours basés —, la start-up emploie maintenant une quinzaine de personnes à Bordeaux.

“On a déjà eu des voitures en état de marche à donner sur notre plateforme !”

Concrètement ? On prend en photo l’objet qui est géolocalisé et dans les heures qui suivent, il devrait trouver preneur. “En quelques heures, on est débarrassés. Il y a aussi le côté lien social qui plaît aux gens et notamment l’aspect rencontre autour de quelque chose de très positif : le don. C’est radicalement différent d’une vente sur Kijiji où il y a un aspect monétaire”, raconte l’entrepreneur, fier que sa startup contribue aussi à préserver l’environnement. “C’est toujours mieux de continuer à faire circuler des objets pour qu’ils soient réutilisés plutôt qu’ils soient incinérés”.

Vous pouvez aussi recevoir une alerte dès qu’un objet qui vous intéresse est mis en ligne. C’est l’idéal pour se débarrasser (sans rien faire) de ce qui vous encombre, de dénicher des trésors, et pourquoi pas, de faire de jolies rencontres. “C’est ce que j’adore avec Geev : parfois, il y a un vrai truc qui se passe entre les utilisateurs lorsqu’ils se rencontrent dans le réel ! Il arrive même qu’ils finissent par aller boire un café ensemble, c’est hyper sympa”, raconte Florian, spectateur émerveillé des liens qui se créent.

“On a déjà eu des voitures en état de marche à donner sur notre plateforme ! Et même un bateau et une caravane. Les gens préfèrent faire plaisir ou ne pas s’embêter à vendre, tout simplement”, rapporte le trentenaire qui sait que sa plateforme a fait de nombreux adeptes en peu de temps à Montréal et Toronto, en partie grâce à la culture d’objets d’occasion et de dons très ancrée au Canada.

Pour 2019 ? L’objectif est d’ancrer Geev en France, leur marché d’origine. “On vient de passer le million d’utilisateurs inscrits mais ce n’est jamais assez ! Le Canada est un marché test pour le moment, on veut arriver à implanter notre concept ici et devenir un réflexe pour les gens (…)”, confie Florian avant d’ajouter qu’il prévoit aussi d’ouvrir à Vancouver, Ottawa et Calgary. “On y va doucement, étape par étape, mais l’idée c’est de couvrir le Canada au complet, petit à petit”, raconte le Français qui vise aussi les États-Unis, conscient que c’est “un gros morceau”.