On a parlé rap, cannabis et mal-logement avec Rim’K de passage à Montréal

Rim'K ©Lucas Wils

Cela faisait 17 ans qu’il n’était pas venu au Québec. Notre tonton national, leader des Princes de la ville, nous a reçus au Théâtre Rialto là où il se produisait pour la première fois en solo à Montréal le 9 novembre dernier.

« J’étais venu avec 113, lors des Francophonies en 2001 », explique le rappeur de Vitry. « Ça faisait un moment que je voulais revenir, je recevais beaucoup de soutien sur les réseaux sociaux. Je trouve que le Québec est chaleureux»

En 2016, l’ancien du groupe 113 relance sa carrière avec le projet “Monster”, un album brut et sombre aux productions Trap, teinté d’histoires de banlieue, de drogue et prison. Suivront “Fantôme” en 2017, puis “Mutant” en 2018. Une trilogie qui s’est terminée cette année avec des collaborations de rappeurs de la nouvelle génération comme Vald ou Ninho. « D’habitude, les rappeurs sont impressionnés quand ils rentrent en studio avec moi, parce que j’ai 20 ans de carrière, avec la Mafia K’1 Fry, etc. Mais Vald, lui, il s’en foutait. Il me vannait tout le temps (rires) », raconte l’ancien de la Mafia K’1 Fry avant d’avouer que « Noir et Blanc » est son morceau préféré de l’album.

Pour son concert montréalais, Abdelkarim — de son vrai prénom — a assuré un show varié avec des titres récents et des morceaux plus vieux. On pense notamment à « Tonton du bled » ou « Les Princes de la ville ». Un medley que le public montréalais attendait avec impatience.

« Il y a 4 millions de personnes qui sont mal logées en France »

Grand consommateur de marijuana et de haschich (il n’a jamais caché son intérêt), Rim’K avait évidemment son mot à dire au sujet de la légalisation du cannabis au Canada. « Je suis content pour les gens qui n’ont plus besoin de se cacher pour en consommer. Le cannabis c’est un faux tabou. C’est juste une histoire de business, tant que les dirigeants n’avaient pas la mainmise dessus, il ne pouvaient pas le légaliser. »

C’est en particulier l’aspect médicinal qui l’intéresse. « Le chanvre soigne beaucoup de maladies et remplace les homéopathies. C’est moins dangereux que l’alcool. Donc ça n’arrangeait pas les lobbies pharmaceutiques ! Cela a mis du temps à être légal au Canada, d’ailleurs. »

Depuis septembre dernier, le rappeur s’est aussi engagé contre le mal-logement en France. Cette année, il est même le parrain de la fondation Abbé Pierre : « c’est un gros problème le logement en France. Il y a beaucoup de gens qui dorment dehors, et pour les autres, ils se retrouvent dans des habitations pourries et délabrées », raconte le rappeur avant de poursuivre en surfant sur l’actualité. « Vous voyez les immeubles qui s’effondrent à Marseille ? Ça c’est le mal-logement, il y 4 millions de personnes en France qui sont dans cette situation. » 

Dans cette même optique de défense du droit au logement, un concert caritatif intitulé « Abbé Road » a été donné à la Cigale de Paris, le 17 octobre dernier, en soutien aux mal-logés.

Engagement social, projets musicaux : à 40 ans, Rim’K n’est pas prêt de prendre sa retraite. Avant la fin de l’entrevue, il en profite même pour nous glisser une info croustillante : « Je réalise un gros projet cinématographique qui verra le jour en 2019. » Pourquoi pas un film sur l’histoire de la Mafia K’1 Fry ? Les paris sont ouverts.