Pourquoi dit-on “bonne fête” et non “joyeux anniversaire” au Québec?

Crédit : Papier de soi

Il faut bien l’avouer, la première fois qu’on fête un anniversaire au Québec, on en perd son latin. On découvre que le fameux “joyeux anniversaire” a cédé sa place à un étrange “bonne fête” et que la chanson qui va avec (hymne national du Québec de fait transformé) n’a aucun rapport avec celle qu’on connaît. On a essayé de mener l’enquête pour en savoir plus.

En France, on souhaite une “bonne fête” à quelqu’un le jour où son prénom apparaît sur le calendrier. Comme l’explique aussi partiellement Wikipédia, la fête du prénom est une journée pendant laquelle on célèbre les personnes portant une forme du nom de baptême porté par le saint ou la sainte à qui ce jour est dédié sur les calendriers des saints des Églises catholique, orthodoxe ou anglicane.

Il s’agit d’une tradition surtout présente en Europe et en Amérique latine, raison pour laquelle elle n’est pas très suivie au Canada/Québec.

En France, on peut souvent compter sur le présentateur ou la présentatrice météo pour nous rappeler à l’ordre la veille du jour J : “N’oubliez pas de souhaiter une bonne fête à tous les Basile demain !”. Comme le faisait très bien Catherine Laborde, par exemple :

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En revanche, au Québec, le terme “fête” n’a pas exactement la même fonction puisqu’il remplace tout simplement le mot “anniversaire”. Pourquoi ? A priori, il pourrait d’abord s’agir d’un anglicisme approximatif issu de la traduction française du fameux “happy birthday”. Mais pas seulement.

“L’utilisation de “bonne fête” pourrait résulter de la tradition catholique de célébrer une personne le jour de la fête de son saint patron (…). La religion catholique a eu ici une très grande influence, et peut-être célébrait-on plus la fête que l’anniversaire d’une personne. C’est une hypothèse qui demanderait à être vérifiée”, nous a confié Chantal Bouchard, professeure agrégée à McGill.

Difficile à vérifier, même l’historien québécois Yvon Desloges nous a fait savoir qu’il n’en savait absolument rien. “Je ne me suis jamais interrogé là-dessus”, nous a-t-il simplement confié.

De son côté, Andrea Oberhuber, professeure de littératures française et québécoise à l’Université de Montréal, ajoute une autre hypothèse : “Au sujet de “bonne fête” (…), je dirais qu’il s’agit peut-être d’une version tronquée de “bonne fête d’anniversaire”. Parce que la “fête” en soi, qu’on souhaite à quelqu’un, était traditionnellement liée au saint ou à la sainte patronymique.”

À noter enfin que le terme “anniversaire” est tout de même le seul utilisé pour souligner un événement d’envergure, comme un 60e anniversaire de mariage par exemple.

Mystère à moitié résolu, donc. Quoiqu’il en soit, c’est peut-être à “votre tour de vous laisser parler d’amour”