La France d’outre-mer à l’honneur dans une exposition montréalaise

Crédit : Nytha Oronga / Photo de Gladwys, mère de famille qui travaille et continue ses études au Québec

C’est le deuxième volet du projet “Visages d’Outremer” que FrancoKaraïbes, un organisme à but non lucratif qui diffuse et soutient les cultures franco-caribéennes au Québec, proposera à l’Écomusée du fier monde du 19 au 25 mars 2018. Au programme : une exposition de la photographe Nytha Oronga présentant 9 néo-montréalais·es originaires de la France d’outre-mer.

En partant d’une approche documentaire, la photographe a décidé d’explorer l’histoire de ses “modèles” sous trois angles par le biais d’un triptyque photographique : identitaire (portrait nu argentique basé sur des critères de beauté non caucasiens), socioculturel (sur leur lieu préféré afin de témoigner de leur ancrage) et socio-économique (leur contribution au dynamisme économique).

C’est pour tenter de mettre fin à l’invisibilité des communautés de la France d’outre-mer dans l’espace public que l’exposition a lieu. Et pour aborder, sans pincettes, ces questions encore (trop) posées : “Qu’est ce qu’un ultramarin? La Guyane, c’est près de l’Afrique, n’est-ce pas? Vous parlez français, vous n’êtes pas haïtien, mais vous venez d’où?”

Voir et entendre la voix des ultramarins montréalais pour raconter leur histoire, tel est l’objectif fixé par Nytha Oronga qui participe au projet “Visages d’Outremer” conçu en 2016 par FrancoKaraïbes. “Je me réapproprie la photographie pour contribuer à raconter l’histoire des ultramarins comme ils et elles veulent la raconter. Je veux que le projet Visages d’Outremer de FrancoKaraïbes soit l’occasion pour tous les participant d’être fiers de leurs origines et du chemin parcouru qui les a amenés jusqu’à Montréal”, a confié la photographe gabonaise, née au Maroc qui a aussi vécu 17 ans en France.

“Pour ce 2e volet, nous désirions également aborder la dimension économique en présentant les ultramarins sur leur lieu de travail et habillés par des designers québécois. À mes yeux, c’était une façon pertinente de témoigner de notre contribution au dynamisme économique en tant qu’acteur et consommateur!”, a ajouté Ania Ursulet, une française d’origine martiniquaise, fondatrice et présidente de FrancoKaraïbes.

À titre d’exemple, sur la photo en Une de cet article, Glawdys J., agente en vérifications (Gouvernement provincial) et candidate à la maîtrise en criminologie à l’Université de Montréal est habillée par Odelayo Clothing (pour la robe) et par Julie Begin (pour les bijoux).

“Visages d’Outremer” bénéficie du soutien du Gouvernement du Québec, dans le cadre de la stratégie partenariale de promotion et de valorisation de la langue française. “Être plus visible dans l’espace public au Québec, c’est également, nous offrir l’opportunité de jouer notre rôle d’ambassadeurs de la langue française, notre langue maternelle. Une réalité à rappeler, à la veille de la journée internationale de la Francophonie qui sera célébrée le 20 mars prochain”, souligne Ania.

À noter que l’exposition présentera également des œuvres de Marie-José Gustave et Eddy Firmin, deux artistes de la Guadeloupe, installé·es à Montréal.